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 Dis moi que ce n'était que mon imagination ... l Privé

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MessageSujet: Dis moi que ce n'était que mon imagination ... l Privé   Mar 1 Mai - 15:09



La perte d'un être entraîne la naissance d'un nouveau



C'était hors de question que je reste encore une soirée seule devant la télé après le boulot. C'était déjà le troisième jour où après mon service, j'avais l'intention de rentrer. Y avait pas moyen. Pour certains trois jours, c'est rien mais pour moi, c'est le début de l'ennui. Il me restait encore une heure à travailler mais le temps passait beaucoup trop lentement à mon goût et pour cause, il n'y avait que 4 petits villageois, genre qui viennent tous les soirs boire jusqu'à être soual, draguer tout ce qui a un trou avant de rentrer chez eux retrouver leur femme épuisée et leurs enfants couchés. Je haïs ce genre de types lâches qui n'affrontent pas la réalité et tentent de se cacher derrière l'alcool alors que chaque matin, leur souci revient en plus d'un mal de crâne horrible jusqu'à ce que leur femme en puise plus et les quittent du jour au lendemain. Là, ils se lamenteront encore plus d'avoir tout gâché mais au fond ils savaient trop bien que ça arriverait. Ils se voilent la face, c'est tellement plus facile. Bien entendu, je tenais à mon poste alors je préférais me la fermer et les servir car finalement ce n'est pas mon problème ce qu'ils font, moi tout ce qui m'intéresse, c'est le chiffre d'affaire et le pourboire.

Plusieurs fois l'un d'entre eux, toujours le même, me proposait de coucher avec lui contre de l'argent mais j'avais bien trop de fierté pour accepter sa proposition. Et comme si j'étais intéressée par les vieux alors que je peux avoir beaucoup mieu mais pour le pas l'offenser, je disais toujours que j'avais déjà un copain. Et c'est à ce moment qui se mettait toujours à dire le même discour " Et il est où ? En train de te tromper. Il devrait être là, avec toi, à t'aider et à t'attendre après le travail. Voilà un mec bien. Tu mérites mieux " alors je me contentais d'hocher la tête et de sourire. Pathétique. Comme si lui, il aidait sa femme et lui restait fidèle. Enfin, j'avais fini. Ce n'était pas mon jour de faire la fermeture et heureusement car ils comptaient rester toute la nuit apparemment. Je lâchais un soupire de soulagement et allais à l'arrière me changer. J'avais l'intention d'aller dans un bar seule et de repartir, peut-être accompagnée, si l'occasion se présentait. J'enfilais une petite robe noire avec un bustier en dentelle sous une veste en cuire noire que mon père m'avait offert pour 17 ans. Je n'avais pas grandit depuis et heureusement, je l'adorais. Surement car elle venait de mon père. J'empoignais mes anciens vêtements et je les balançais dans mon casier. Je les récupererais demain au plus tard, pensais-je, et je quittais l'Absolue Absolène.

Dans la rue, il n'y avait pas grand monde. Quelle heure était-il ? Je sortis mon portable qui affichait 23h30. Non, c'était l'heure habituelle pour sortir. Je levais les yeux au ciel, il faisait vraiment sombre. Si j'étais à l'extérieur de ce dôme, pourrais-je voir le ciel étoilé ? Verrais-je l'ombre de mon père et de ma mère, là-haut ?! Si seulement les gens pouvaient se rendre compte que nous sommes dans une grande cage pour mieux être contrôler. J'aimerai voler. Voler si haut que je toucherai les nuages. Libre, voilà ce que je voulais être. Mais pour le moment, il faut croire que c'est impossible. Je m'engageais dans une petite ruelle afin d'arriver plus vite au centre ville. Sur mon chemin, je pouvais entendre du bruit. Surement des hommes qui se battaient mais honnêtement ils pouvaient bien faire ce qu'ils voulaient tout qu'ils ne me faisaient pas chier. Je continuais mon chemin mais j'entendis un petit chaton miauler. Etait-ce mon imagination ? Non, il miaula une nouvelle fois. Je fis marche arrière. Etait-il dans cette sombre ruelle plus étroite que les autres ? Qui sait. Pour les être humains je n'avais aucune compassion mais pour les chats, c'était totalement autre chose. Ils étaient fidèles, autonomes et chassaient la nuit. Subitement, alors que je me rapprochais dangereusement de l'endroit d'où criaient les hommes auparavant, tout devint calme. Je n'entendais plus aucun bruit. Etait-ce normal ? Peut-être avaient-ils tout simplement arrêtés et étaient partis. Mais je n'entendais plus le petit chat non plus. Il devait s'être sauvé de l'autre côté. Bon tout les chemins mènent à Rome. Je continuais donc sur ma lancée mais plus j'avançais et plus je sentais une odeur bizarre ...

Je vis l'ombre d'un homme au loin. Il n'est donc pas parti. Bon du moment quand y en a que un, ils ne peuvent pas se battre. Du moins, c'est ce que je pensais mais quand je baissais les yeux, je vis le corps d'un homme ensanglanté, mort. Ce n'était pas le sang que me dégoutais, contrairement à ce que l'on pourrait croire mais ce fut bien la vue de cet homme affalé, décédé dans d'atroces souffrances. Je ne pouvais plus regarder une seconde de plus et sans prévenir, je sentis mon repas remonté. J'avais l'impression que j'allais gerber mes boyaux. Je me penchais et je vomis. Pourquoi devais-je affronter ça ? Et pourquoi un homme devait me voir ? Etait-il dangereux ? Probablement pour avoir abattu un homme. Je voulais me relever et partir en courant. Je me sentais faible et vulnérable. J'avais mauvaise haleine ... Ce sentiment d'inférioté, je ne voulais pas le ressentir mais j'étais obligée de constater mon impuissance. Je frappais le sol avec le peu de force qu'il me restais. Et sans même que je m'en apeçoive, l'homme s'était rapprochais. Comment le saurais-je alors ? Car je vis ses pieds, au niveau de ma tête et lorsque je voulais relever les yeux, un coup violent me heurta la tête et plus rien. Le néant. Le trou noir.

...


Qu'est-ce que j'avais mal au crâne. Pire qu'une bonne cuite. Je posais ma main sur ma tête et sentis une bosse. Je n'avais donc pas rêvais. Tout était flou encore, j'avais du mal à me réveiller ... Ou plutôt je reprenais conscience lentement. J'ouvris les yeux très lentement, ne reconnaissant rien du monde qui m'entourait. Où étais-je et comment suis-je arrivée là ? Je puais et je me sentais vraiment mal. J'avais envi d'une bonne douche et d'aller me coucher dans mon lit douilleux. Tout le contraire du canapé sur lequel j'étais posée. Je frottais mon visage comme pour reprendre mes esprits mais l'endroit était vraiment lugubre, sal et semblait presque désafecté. Comment quelqu'un peut-il vivre ici ?! Y avait-il seulement quelqu'un ? Je m'assis. Lorsque je passais ma main sur ma joue, je vis sur mes doigts du maquillage. Tout avait donc coulé ... Mais combien de temps étais-je affalée ici ? Des heures ? Je regardais à droite et à gauche pour voir si mon sac à main trainait quelque part. Non pas pour me remaquiller mais pour atteindre mon téléphone. Appeller du secours serait impossible car je ne savais même pas moi-même où j'étais. Cependant pas de sac à l'horizon ...

C'est à cet instant que j'entendis des bruits de pas se rapprocher. Où était-il ? Etait-ce le même type qu'avant ? Quelles étaient ses intentions ? Tant de questions et si peu de réponses. Jamais je m'étais sentie dans un tel moment de faiblesse. Le pire, c'est que je n'avais pas peur de mourir, non. Au moins je rejoindrai ma famille. Je ne supportais simplement pas le fait que l'on s'en prenne à moi sans raison en plus du fait que mon avenir soit dans les mains de quelqu'un d'autre. Dépendre du bon vouloir de quelqu'un, c'est être un faible or je n'exprimerai jamais ma peur à quelqu'un. Même pas dans un moment pareil. J'ai une dignité. Trop. Au point que cette attente me semblait interminable. Je savais que j'étais épiée tandis que lui restait en retrait. Je pouvais presque le confondre avec le décor. D'un ton las, bien que j'avais un mal de chien au crâne et que je rêvais de prendre une aspirine, je m'adressais à l'ombre qui m'observait depuis un bout de temps déjà.

- Sors de là et dis moi pourquoi suis-je parce que tu commences sérieusement à m'ennuyer.

Impertinente. Froide. Fière. Inconscience ? Peut-être.


Dernière édition par Nanami Kaetzu le Mar 1 Mai - 22:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dis moi que ce n'était que mon imagination ... l Privé   Mar 1 Mai - 19:10

Ma vie ne se résumait donc qu'à des meurtres, vivre, manger et dormir. Je ne fichais rien de ma vie et je ne m'en plaignais pas. Pourquoi devrais-je briser mon cycle de vie et des habitudes qui m'avaient pris du temps à m'être en place. Ce serait comme avoir fait un énorme château de cartes puis de le renverser dès sa fin. Pour me donner une idée de la vie, j'avais longuement observé les passants dans la rue. Un enfant normal était inconscient de ce qu'il se tramait dans le dôme. Il devait apprécier sa vie actuelle dans le dôme. Un jour, il deviendrait avec un peu de chance un citoyen du dôme, contrôlé par les hautes-sphères. Il ignorait, probablement comme ses parents, qu'ils étaient des pions, manipulés intelligemment comme des pantins. Je ne comprenais plus trop pour quelles raisons je luttais pour ce minuscule monde. Ma vie n'avait aucun sens ici. Si je devais mourir, je ne regretterais rien. Mon existence n'avait aucun but mais une fin. J'avais choisi de mourir comme tueur à gages. Celui qui tue par l'épée, périra par l'épée. C'était dans ses pensées lugubres que je déambulais dans la Périphérie, sans destination précise comme un vagabond. J'attendais seulement la tombée de la nuit, une heure précise.

Quelques heures plus tôt, une femme m'avait chargé d'éliminer son mari. Elle avait payé une somme coquette pour se débarrasser de son homme qui ne cessait pas de la tromper. Elle n'arrivait plus à le supporter. Elle m'avait déballé sa vie comme pour expliquer la raison de son geste. Des disputes incessantes, un enfant à élever, un homme à la recherche de plaisir et un buveur toujours insatisfait de sa vie. Souvent, mes employeurs cherchaient une excuse futile pour ne pas se sentir coupable du meurtre qu'ils souhaitaient. Un peu pour ne pas être tourmenté par la mort de leur cible. Mais j'étais étonné par cette mission. Jamais auparavant, une femme n'avait daigné usé de mes services pour commettre l'assassinat de son conjoint. Mais c'était un cas extrême. Le mari s'était montré violent et était recherché par les forces de l'ordre. Il menaçait en quelques sortes sa famille mais il ne souciait ni de sa femme, ni même de son enfant. J'étais triste et avait pitié pour eux, moi, l'homme solitaire dont le chemin était tâché de sang.

La nuit était enfin tombée. Ma cible se trouvait dans le bar de l'Absolue Absolène, un bar. A l'intérieur, quelques clients restants, saouls à ce que je voyais. Depuis des jumelles, j'observais les clients les uns après les autres. Rien d'anormal. Mes jumelles s'arrêtèrent un moment sur une jeune femme à reflets bleus. A première vue, c'était une serveuse de ce bar. Pendant un long moment, je l'ai observé de la tête aux pieds, en ne manquant aucun détail de son apparence physique. Elle donna l'impression d'une femme fragile, vivant dans la misère, impassible. Sa vie semblait l'ennuyer, comme moi. Rien ne nous intéressait dans cette vie misérable. Cette pensée fit un long écho dans mon esprit avant que je reprenne mes esprits, ma cible sortait du bar, titubant presque. Les effets de l'alcool étaient toujours présents en lui. J'ai bondi de ma cachette avant de le traîner de force dans une ruelle.

Je lui ai bloqué la bouche avec ma main pour l'empêcher de hurler. J'avais décidé de ne pas porter mon masque mais d'emporter mes deux dagues. L'homme a su que j'étais là pour lui. Au début, il avait tenté de fuir pour échapper à son destin. Malheureusement, il se trouvait dans une impasse, un mur gigantesque l'empêchait de s'échapper. Dommage pour lui, j'avais tout calculé. Je sortis l'une de mes dagues. Derrière mon masque, je gardais un visage impassible. Je m'étais habitué à la vue du sang, à sentir un corps arrêter de bouger, un coeur cesser de battre. Ma cible eut le courage de me tenir tête en brandissant un tabouret en mauvais état. Intéressant, il tentait de sauver sa peau en me tenant tête. Au lieu de se servir de l'objet comme arme, il préféra me le balancer. Sans aucune difficulté, j'ai esquivé son lancer avant de m'élancer d'un bond, dague en avant sur lui. L'homme n'eut que le temps d'ouvrir la bouche pour laisser échapper un mot..."Merde". Ma lame avait atteint son bras. Il avait eu le réflexe d'esquiver mon coup. Il m'envoya un coup de boule. Sous le choc, j'ai lâché mon arme qui s'envola à quelques mètres. Cependant, j'étais toujours supérieur à lui.

Il m'a décoché un coup de poing mais sous l'effet de l'alcool, son coup avait perdu de sa vitesse donc de sa force. Pour lui montrer ce qu'était un vrai coup, je lui ai envoyé un coup de poing à mon tour. Mon coup frappa de plein fouet son pif et le fit reculer de quelques pas. Grâce à mon entraînement régulier, je fis tour sur moi-même, en levant progressivement ma jambe pendant que je tournais, pour que celle-ci atteigne le visage de ma cible. Le coup a été assez fort pour que son corps s'effondre. Son crâne heurta le sol et créa une flaque de sang. Il était mort dans sa chute. Son crâne avait heurté trop violemment le sol. J'entendis des pas derrière moi. La serveuse se tenait debout derrière moi. Elle avait surement entendu les bruits de la bagarre. Un chat miaula. Ou sinon, le chat errant avait pu éveiller sa curiosité. Même s'il n'avait pas vu mon visage, c'était une témoin, donc un danger potentiel. Contre toute attente, elle s'effondra au sol puis vomit. La réaction de son corps était surement due à la vue du sang ou du cadavre. J'ai fait des pas rapides vers elle pour ne lui laisser aucune chance de fuir puis je lui ai asséné un bon coup sur le crâne suffisamment pour l'assommer. Elle sombra immédiatement dans l'inconscience. A ce moment-là, je m'étais dit, qu'est-ce que je pouvais bien faire d'elle.

...

J'ai emmené l'inconnue jusqu'à chez moi, depuis le lieu du meurtre sans un mot. Pendant tout le trajet, j'avais espéré qu'elle se réveille pour que je puisse la déposer chez elle mais surement dû la frapper un peu plus fort que prévu. Je ne pouvais pas me résoudre une femme aussi belle ni aussi jeune. C'était la première fois qu'un témoin se présentait lors de l'un de mes crimes et je ne savais pas comment m'y prendre avec eux. Je l'ai donc ramené chez moi. Elle puait le vomi. Son corps était immobile. Je ne pouvais pas l'abandonner dans un coin. N'importe qui pouvait la trouver. Des personnes mal intentionnées pouvaient même avoir l'idée d'abuser d'elle sexuellement. Une fois chez moi, je l'ai posée sur mon propre lit. Elle dormait profondément. J'ai attendu pendant toute la nuit dans ma chambre, les yeux ouverts et fatigués. Une petite lampe de chevet brillait dans la chambre. J'avais préféré me placer dans le fond de ma pièce, dans les ténèbres, là où personne ne pourrait me voir. La belle aux bois dormants se réveilla enfin. Elle me demanda de sortir de ma cachette. Je le fis contre mon gré. Mon visage était dévoilé pour la première fois à une autre personne. Je l'observais dans les yeux, impassible et froid comme elle l'était. Elle m'a demandé pourquoi je l'ai épargné.

Je me suis avancé vers elle puis je l'ai longuement observé dans les yeux. Aucun mot ne sortit de mes lèvres. Mes doigts, tremblant, effleurèrent sa peau chaude. Depuis quand n'avais-je pas eu la chance d'avoir quelqu'un à mes côtés. Finalement, je parvins à articuler quelques phrases.

"Vous ne pourrez pas partir avant quelques jours mademoiselle. Vous avez été présente sur une scène du crime et je crains qu'il serait mieux que vous restiez pendant quelques temps ici. Je vous promets de ne vous faire aucun mal en retour. Je vous laisse découvrir les lieux. Mais vous n'aurez pas accès aux étages en-dessous."

Mon regard était toujours plongé dans le sien. Mon visage était inexpressif mais mon regard devait témoigner d'une grande solitude. Je pris le chemin de la sortie pour descendre à l'étage d'en-dessous, dans la cuisine. J'ai eu l'idée de fermer les portes d'entrée ou de sortie, fait en sorte de bloquer toutes les fenêtres dans la maison pour ne lui laisser aucune occasion de sortir avant longtemps.
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MessageSujet: Re: Dis moi que ce n'était que mon imagination ... l Privé   Mer 2 Mai - 13:47



Me compares-tu à un hamster en cage car si c'est ça, je ne fais pas la roue


J'ignorais tout de l'endroit où je pouvais bien être et je détestais ça. Je n'avais peur de rien, pas même qu'il s'en prenne à moi. A croire que j'avais presque envi qu'il en finisse avec moi pour enfin être libérée de ce poid qu'est la vie dans ce dôme. Pourtant, il avait décidé de me laisser la vie sauve, pourquoi ? Etait-il conscient qu'une fois sortie d'ici, il me serais très facile de le décrire aux militaires puis de le reconnaître si l'occasion de présentait. Et s'il savait le danger que je représente, pourquoi prendre un tel risque je ne suis rien dans sa vie.

À ma demande, il s'approcha de la lumière afin que je puisse le voir vraiment. Vraiment car je n'ai encore jamais vu son visage mais je fus étonnée qu'il le fasse aussi rapidement sans contester. Je savais déjà qu'il avait une carrure très imposante mais le reste était vraiment flou, je n'arrivais même plus à me rapeller dans quelle ruelle j'étais. Quant au cadavre, je n'avais pas eu le temps de voir qui était-ce car à peine 2 secondes après, j'étais à quatre pattes par terre. Lorsqu'il fut à ma hauteur, je le fixais un long moment de bas en haut. Je m'attardais sur son visage assez hors norme de par la couleur de ses cheveux violets et de la particularité de ses yeux dont l'un était caché par un bandeau. Etait-ce pour ne pas le reconnaître ? Quant à l'autre, il avait des reflets jaunes. Je n'avais encore jamais vu ça au point que ça m'intriguais or il en faut beaucoup pour susciter mon attention. Cependant, il m'avait tout de même mêlé à une histoire dont je n'en avais rien à foutre donc il avait beau être mignon et intéressant à analyser, je ne lui porterais aucune attention. Ni admiration, ni haine car ressentir et exprimer de tels sentiments serait lui accorder une place dans ma vie.

Les mains tremblantes, il se rapprocha encore, touchant ma peau tout en me regardant dans les yeux.Son regard avait quelque chose d'hypnotisant à en perdre la tête et bien que je n'affichais aucun intérêt pour lui, je ne pus détourner le regard. Mes yeux vides de tout espoir étaient plongés dans ceux d'un être vide de tout sentiments. Il avait du mal à prendre la parole mais finalement il se lança.

J'écoutais attentivement son discours, le toisant du regard tout en croisant les bras. Mademoiselle ? Quel âge avait-il ? Il était rare que l'on m'appelle ainsi bien que ce ne soit pas Madame non plus mais c'était assez étrange à entendre. De plus, il me vouvoyait, on ne venait vraiment pas du même monde. Et comment ça je n'aurai pas accès aux étages en-dessous ? Comme si j'allais rester dans cette minuscule chambre quelques jours ... Et pour finir, il ne me laissa même pas le temps d'en placer une qu'il se dirigea vers la porte pour me quitter. Comptait-il vraiment me laisser seule, dans cette odeur nauséabonde de ma gerbe sans rien à manger. Cette pièce était désagréable. Il avait pris soin de fermer toutes les fenêtres donc en plus de m'empêcher de m'enfuir, il m'avait coupé de toute lumière du jour.

Je ne pouvais pas supporter l'idée d'être dépendante de quelqu'un et de ses envies mais j'étais obligée d'avouer que c'est ce qui se passait en ce moment même alors malgré ma position de faiblesse, je n'allais pas changer. Je n'avais rien à perdre après tout. Je me levais rapidement, ayant encore mal à la tête, je me forçais à le rattraper avant qu'il disparaisse, le retenant en empoignant un bout de tissus de son haut. Il se tourna vers moi, surpris de ma réaction certainement. Sûre de moi, j'affichais un air arrogant.

- Je ne peux rien faire pour que tu me laisses partir, constatais-je, mais tu n'as pas intérêt à me faire perdre mon emploi sinon je te retrouvera iet c'est moi qui viendrai te tuer, c'est clair ?! Et si tu ne comptes rien me donner à manger ni l'occasion de me doucher, autant me tuer.

J'avais prononcer cette dernière phrase sans aucun doute, n'affichant aucune peur à l'idée de perdre la vie. Me prenait-il pour une folle ou comprenait-il que je n'avais strictement rien à faire de mon existence ? Je le regardais toujours dans les yeux. Rien à dire, il était très doué pour être inexpressif. Et quand l'avait-il tué, avait-il eu cette expression inerte ? Comment peut-on décider de retirer la vie d'un être ou non.

- Pourquoi fais-tu ça ? Et si j'te paye, pourrais-tu te tuer si j'te le demande contre de l'argent ? Es-tu si facilement manipulable ?! Veux-tu ressembler à ces monstres de militaires ?

Aucun mot n'a été prononcé plus haut que l'autre. Et bien que je prétextais m'enficher, j'essayais tout de même de lui faire prendre conscience de ce qu'il faisait. Quand je le regardais, j'avais l'impression que c'était facile de décider de l'avenir d'un autre, facile d'abattre un homme, une femme ou un enfant. Etait-ce vraiment ce dont il pensait ?! Je le tenais toujours comme pour l'empêcher de me laisser là, dans cette pièce. Je voulais qu'il me montre la salle de bain, la cuisine, tout. Et oui, je n'aime pas être dépendante mais lorsque je le suis, je suis chiante jusqu'au bout. Surement pour montrer mon désaccord je faisais comme si j'avais besoin de lui bien que j'étais autonome, vivant seule depuis deux ans. Il avait décidé pour moi d'où j'allais être, je décide comment je suis. J'étais exaspérée, ma robe était trouée, à moitié arrachée due à ma chute lorsque j'étais tombé plutôt au sol. J'étais pathétique à voir et pourtant, ça ne semblait pas le choquer dans l'état dans lequel j'étais.

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MessageSujet: Re: Dis moi que ce n'était que mon imagination ... l Privé   Dim 6 Mai - 8:30

Cette femme n'avait rien à faire chez moi. Je ne comprenais toujours pas pourquoi j'avais osé ramener une inconnue. Le visage dans les mains, je réfléchissais un instant. Je ne pouvais plus me permettre de la tuer parce que mes sentiments "humains" avaient repris le dessus. Au fil de ces années, j'avais réprimé mes pulsions. Les femmes étaient, pour la majorité, attirantes. On ne pouvait pas s'empêcher de leur lancer un regard d'envie. Pourtant, cette envie avait disparu de tout mon être. Et à présent, je me retrouvais presque dans la même situation. Cependant, je ne ressentais pas de l'envie mais de l'intérêt. Dans le regard de ma réfugiée, il y avait une telle fierté et détermination. Je n'avais vu que la peur sur le visage de mes semblables, jamais ce même courage. A chaque fois que je commettais un meurtre, le désespoir se lisait dans le regard de mes cibles. Malgré mon air de tueur, mes poignards brillants dans la nuit et aiguisés, l'inconnue n'avait pas bronché. Aussi, j'avais pris l'habitude de l'appeler mentalement "l'inconnue". Elle n'avait plus le statut d'inconnue mais d'invitée à présent.

La réalité revint durement. Mon invitée serait probablement portée disparue. On collerait des affiches de son portrait physique, on la rechercherait activement. Elle ne pouvait pas vivre indéfiniment dans cette maison. Un jour ou l'autre, elle finirait par découvrir une faille dans ma demeure et elle réussira à fuir. Et dès ce jour, je serais un hors-la-loi ou même un prisonnier. Lorsque mon pied tenta de se lever pour avancer, une chose me retint en arrière. Surpris, je compris que mon "invitée" avait décidé de se lever pour avoir des explications sur sa situation. Encore. Elle avait encore cet air sûre d'elle. Cela m'amusait et m'énervait en même temps. Je n'appréciais pas que l'on n'obéisse pas à mes ordres mais j'aimais voir cette jeune femme se tenir debout, prête à me faire face. Elle ne devait donc pas savoir qu'à moi tout seul, je pouvais la soulever aisément afin de la bloquer contre mur et lui couper la respiration. Calmement, j'écoutais ses paroles.

Un sourire se dessina sur mes lèvres. Après tout ce qu'elle endurait, elle pensait encore à son boulot. A croire que son boulot de serveuse était la seule chose qui la rattachait à ce monde. Mais à ce moment-là, je me sentis comme coincé. Elle risquait de perdre son emploi. Plus d'emploi, plus d'argent. Mais nous étions un jour férié donc aucun soucis pour son boulot. Cette journée me donnait une chance pour la connaître et savoir si elle était digne de confiance. Je ne pouvais pas la relâcher tout de suite. Sa dernière phrase me surprit encore une fois mais je m'habituais à son comportement. Mon visage parvenait toujours à être inexpressif. Je m'étais donc trompé à propos de son boulot. Elle en avait besoin pour vivre mais si elle devait mourir...Cette pensée s'arrêta à là. Un sourire se dessina sur mon visage. Elle puait beaucoup, c'était vrai. Le vomi avait vraiment dégouliné sur ses vêtements. Quant à sa mine, elle avait vraiment faim. Mon comportement provocateur et arrogant revint à la surface. C'était ma véritable personnalité, celle agréable et enjouée, que je cachais derrière mon indifférence et mon masque inexpressif.

Sans aucune hésitation, je lui ai ébouriffé les cheveux. Elle devait prendre un bain le plus rapidement possible.

"Il serait mieux que vous preniez un bain MissVomi. Veuillez me suivre s'il vous plaît."

Je pris un escalier pour rejoindre le rez-de-chaussé à pas rapides. De temps en temps, je jetais de rapides coups d'oeil pour voir si elle me suivait vraiment. Elle ne pouvait pas fuir mais je voulais voir sa réaction face à la "beauté" de ma maison. J'aimais beaucoup la culture japonaise. J'avais décoré ma maison de façon à ce qu'elle fasse le plus "japonais" possible. Cependant, j'avais été contraint d'avoir des objets high-tech pour ne pas paraître pauvre. Le salon ressemblait à un salon ordinaire avec une télévision assez grande et longue, un canapé noir et des rideaux fermés noirs aussi. La cuisine était dans une pièce proche du salon avec une salle à manger. La salle de bain se trouvait un peu plus loin. J'ai allumé toutes les lumières de la maison, pour que mon invitée puisse voir les lieux. Lorsque la porte de la salle de bain fut enfin devant moi, je me suis arrêté pour faire face à Nanami.

"Je vous laisse le champ libre. Vous pourrez prendre autant de temps que vous souhaitez pour votre douche et tout ce qu'une femme fait pour être...Enfin bref, je vous attendrais dans la cuisine qui est à côté du salon. C'est une grande porte, carrée et blanche, avec une poignée argentée. Je prépare le déjeuner pour le moment. Au faites, je m'appelle Sky. Anthony Sky."

Je n'avais pas pu m'empêcher de lui donner des ordres et de la vouvoyer. Lui donner mon prénom et mon nom était un danger mais je voulais instaurer un peu de confiance entre nous. Je fis mine d'aller dans la cuisine, ralentissant un peu le pas en espérant entendre au moins son prénom.
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MessageSujet: Re: Dis moi que ce n'était que mon imagination ... l Privé   Lun 7 Mai - 22:59



Et si je te laissais seul, que ferais-tu ?


Je ne voulais pas le lâcher. Peut-être par fierté pour lui montrer que je n'étais pas comme tout le monde ou tout simplement pour ne pas rester seule dans un endroit qui sombre qui m'ai totalement inconnu. Je ne savais pas ce qui me relier à lui mais ma main empoignait son haut de plus en plus fort au fil des secondes. Je ne voulais pas que d’un coup il se dégage et me laisse en plan comme une chaussette sale … et pour être sale, j’étais sale. Au point que je ne supportais même plus ma propre odeur. Dégoutée. La seule chose qui m’empêchait de revomir était la peur de puer encore plus. Je préférais donc me retenir.

Et bizarrement, alors que je tentais de le faire réagir sur le meurtre qu’il avait commis, il se mit à sourire. D’où sortait-il ce sourire aussi chaleureux ? Je le fixais, sans un mot, sans aucune réaction de ma part en retour. Je n’étais pas heureuse. Mais je n’étais pas triste non plus. Ça ne me dérangeais pas tant que ça, d’être ici, mis à part l’état horrible dans lequel j’étais. Je ne sais même pas comment il fait pour respirer cette odeur. Surement est-ce pour ça qu’il sourit. Il se moque de moi … Ou du moins c’est ce que j’en conclus mais je préférai attendre ce qu’il allait dire.

Choquée. Enfin pas tant que ça parce que je m’attendais à une réflexion sur l’odeur nauséabonde que je dégage mais dois-je rappeler que c’est de sa faute ?! Mais j’étais trop préoccupée par le fait qu’il me donne un surnom tout en me vouvoyant pour le blâmer. Ai-je l’air aussi vieille ? Et pour couronner le tout, je devais le suivre. Bon, j’étais assez satisfaite de ne pas rester dans cette pièce et de pouvoir prendre me laver. J’avais plus l’impression d’être une cliente, j’aurai d’abord dis une princesse avec son majordome mais quelle princesse sent le vomi ? Aucune ! Sans un mot, je le suivis histoire qu’il ne change pas d’avis étant donné que plus tôt il m’avait ordonné de rester dans la chambre du haut et rien de plus. Je n’avais encore subi aucune séquestration d’aussi bonne qualité, si je puis dire car je n’avais encore subi aucune séquestration jusqu’à aujourd’hui mais j’imaginais ça plus violent.

J’avançais lentement tandis que le jeune homme accélérait le pas. À croire qu’il voulait me semer mais en fait non, il voulait tout simplement allumer la lumière. S’il ne me retenait pas ici et que je ne savais pas qu’il est capable de tuer sans une pointe de regret, je pourrai coucher avec lui. Mes doigts glissèrent le long du mur du couloir comme pour vérifier que ce ne soit pas un rêve. Toute la décoration était japonaise, rien à voir avec chez moi. Je ne voulais pas traîner trop donc je ne tardais pas à le rattraper. Nous étions désormais tous les deux postés l’un à côté de l’autre devant une grande porte. Il se tourna vers moi, me regardant dans les yeux.

Il me vouvoya à nouveau et ça commençait vraiment à devenir agaçant. De plus il n’avait pas l’air très à l’aise avec moi bien qu’il tentait de paraître détendu et de me donner des ordres … Il me faisait penser de plus en plus à un militaire qui tente d’imposer ses règles mais ne peut s’empêcher d’être gentil. J’avais donc la salle de bain pour moi et pendant ce temps il me préparera à manger … Tout ça, c’était le genre de truc normal pour un couple ou entre des amis mais nous, nous n’étions rien de tout ça. Et là, il me révéla même son prénom. Ce nom je le connaissais, j’en étais certaine. Je devais me souvenir d’où … Mais rien à faire, je ne l’avais encore jamais vu auparavant alors pourquoi est-ce que je connaissais son nom et prénom ?! Je me haïssais d’être aussi stupide. J’aurai pu me frapper la tête contre le mur. Doucement, il s’éloignait vers la cuisine, attendant apparemment une quelconque répondre de ma part alors que j’étais toujours perdue dans mes pensées. Anthony Sky. Sky mais ce n’est pas commun ! Bordel ! Sayer ! C’EST MON VOISIN. Ma maison était juste à côté. J’avais envie d’hurler de plaisir de savoir que je n’étais pas à l’autre bout du dôme et d’un autre côté, il me retrouverait si facilement. Il est vrai qu’il était installé ici depuis très peu, quelques jours peut-être … Et avec mon boulot, je n’avais pas encore eu l’occasion de le croiser et comme je ne suis pas du genre à faire copine avec le voisinage et bien voilà ! Ca explique tout ! Mais je n’avais pas l’intention de lui révéler qui j’étais, ou du moins, que j’étais sa voisine. Enfin la situation tournait en ma faveur. Elle en devenait presque amusante.

Finalement, bien qu’il soit presque à la porte de la cuisine, je me tournais vers lui, souriante. C’était la première fois que je souriais depuis que j’étais ici mais si je souriais maintenant, c’était bien parce que je savais enfin quelque chose qu’il ne savait pas. On peut donc dire que c’est un sourire mesquin …. Ou faux, tout simplement. Mais c’est un sourire, n’est-ce pas ? Et peu m’importait qu’il sache mon nom et mon prénom car moi, je n’avais pas de nom ni sur la sonnette, ni sur la boite aux lettres. Pourquoi ? Car je ne supporte pas le courrier, je préfère aller directement à la poste le chercher si celui-ci en vaut la peine ou non au lieu d’être inonder de pub inutile etc.

Confiante, je finis par dire :

- Moi c’est Nanami Kaetzu. Et arrête de me vouvoyer !

Bon c’était court mais c’était mieux que rien. Et il avait eu droit à un sourire donc qu’espérer de plus ? Rien venant de ma part. Et dans la seconde qui suivit, je m’enfermais dans la salle de bain à clé. Elle était propre, sans tas d’habits dégoulinants de partout. A croire qu’il avait une femme de ménage tellement c’était surprenant de la part d’un homme mais aussi par rapport à sa chambre. Rien à avoir. La pièce était éclairée. Je me déshabillais aussi vite que j’ai pu et sans me poser de questions, je me glissais dans la baignoire, à faute de ne pas avoir de douche, où je fis couler l’eau. Ce n’est pas que je n’aimais pas les bains mais justement, je prenais trop de temps. Je ne savais pas combien de temps j’avais dormi, ou plutôt on m’avait assommée, ni l’heure qui l’était avant mon bain ni après mais je dirai une bonne heure. En fait, je n’avais rien fait à part me coucher dans l’eau bouillante et fermer les yeux. Bon je m’étais aussi lavée avec du gel douche et du shampoing pour mec pour mes cheveux. Qu’est-ce que c’est bon de sentir bon, d’être démaquillée et d’avoir les cheveux mouillés. Rien de tel pour rafraichir. Finalement, une fois mes sous-vêtements remis, qu’allais-le mettre à la place de cette foutue robe ? J’en profitais pour la jeter dans la poubelle au passage. Je jetais des coups d’œil à gauche, à droite jusqu’à ce que mes yeux s’arrêtèrent sur une robe de chambre. Je l’essayais mais elle était bien trop grande, je marchais dessus. Je la reposais à sa place, perplexe. Je vis un tee-shirt dans le panier de linge sal. Je chopai le haut blanc, je sentis sous les bras, le tourna à 360°. Rien à redire, ça serait parfait pour le moment étant toujours plus propre que mon ancienne robe. Je l’enfilais. Assez long, il m’arrivait à mi-cuisse. C’était juste décent.

J’ouvris la porte de la salle de bain, laissant le nuage de buée se dissiper dans le couloir. Je marchais pieds nus, rejoignant Anthony qui devait surement me prendre pour morte. Ne jamais laisser une femme sans une salle de bain sans délais, il ne saura. Le plus ironique dans l’histoire, c’est qu’il ne pouvait même pas me porter disparue, m’ayant fait disparaître. Je me plantais devant, zieutant la pièce. Il avait l’air étonné de me voir habiller de la sorte mais il devait avoir compris que c’était soit ça, soit je sortais à poil. Je pris place sur la première chaise que je croisais. Invitait-il souvent des filles chez lui ?

Il était toujours debout, près de la plaque de cuisson. M’avait-il attendu tout ce temps ? J’aurai pu m’en vouloir si ce n’était pas lui qui m’avait embarqué dans toute cette histoire mais sans m’en rendre compte, je pris un ton bien plus enjoué que j’aurai aimé.

- Alors quand est-ce qu'on mange chef ?

Depuis quand étais-je aussi sympa ? Juste un faux pas de part. Je ne devais pas être sympa, je n’étais pas sympa. Je suis égoïste et orgueilleuse alors si pour le moment je parais docile, ça ne sera pas toujours le cas. Après tout, qu’est-ce que je risque ? Ma vie ? Autant dire rien.

Mes gouttes d’eau tombaient encore de mes cheveux sur le tee-shirt blanc laissant à des endroits transparaître la couleur de mes dessous. Bon, si un homme peut rester de marbre en abattant un homme, il peut aussi rester de marbre devant moi, n’est-ce pas ? Je le regardais, ne le quittant pas du regard, observant chacun de ses gestes. C’était une erreur de penser que je m’étais dépêchée de sortir de la salle de bain car je n’avais plus pris le temps de me sécher les cheveux parce que je m’avais quand même des remords de le faire attendre si longtemps. Ou bien … ?


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MessageSujet: Re: Dis moi que ce n'était que mon imagination ... l Privé   Mar 8 Mai - 10:39

Je traînais les pieds en tendant l'oreille. Mon invitée n'avait encore rien dit. Elle n'avait pas voulu me donner sa véritable identité. Ma main s'éleva pour attraper la poignée. Je pensais qu'il était temps de me rendre dans la cuisine lorsque mon geste resta en suspens. Mademoiselle avait enfin parlé. Je m'étais tourné vers elle, pour observer son visage. Un sourire se dessinait sur ses lèvres. Pourquoi ? Soit elle avait découvert quelque chose de fascinant, soit elle devait être heureuse de s'être présenter à moi. Je penchais plus pour la première option. En tout cas, nous avions tout les deux l'identité de l'autre. Je ne pensais pas qu'elle ait menti sur son identité. Même si c'était le cas, je finissais toujours par dénicher quelques informations sur une personne quelconque, tant que j'avais son identité. Mais mon intuition me disait que je pouvais lui faire confiance. Malgré mon air impassible, je ne pus m'empêcher de sourire et de réprimer un rire. Pas un rictus, un sourire rempli de bonheur. Depuis quand n'avais-je pas souri ?

Je suis entré dans la cuisine, laissant la porte demi-ouverte. Lorsque Nanami ferma la porte de la salle de bain, je me suis rué à l'étage, dans mon bureau. Si mes pas n'étaient aussi légers et gracieux, j'aurais fait un boucan dans la maison. A destination, j'ai laissé la porte de mon bureau ouverte afin d'entendre si Nanami continuait son bain ou non. Mon bureau n'était pas muni de vidéos de surveillance dans ma cuisine, ni dans ma chambre ni dans ma salle de bain. Mon invitée pouvait se laver en toute sécurité, sans être inquiète d'être épié par moi. Sur le moment, j'ai eu des pensées perverses. Une chose que je n'avais pas ressenti depuis des lustres. Dans mon esprit, j'ai tenté de les repousser mais elles refusaient de partir. Finalement, je me suis assis dans mon fauteuil, puis j'ai ouvert l'écran de mon ordinateur. Les ordinateurs avaient évolué au fil du temps. Je me souvenais d'avoir lu un magazine sur nos ancêtres, qui avaient commencé avec des ordinateurs de bureau à la mémoire et aux cartes graphiques immondes ainsi que des ordinateurs portables encombrants. La technologie avait vraiment avancé depuis.

Rapidement, j'entrepris de faire une recherche sur Nanami Kaetzu. On trouvait de tout sur internet parce qu'internet avait toujours toutes les réponses. Trouver des réponses sur cette femme fut bien plus simple que prévu. Il était bien inscrit sur une page internet qu'elle était serveuse et vivait à une certaine adresse qui me disait quelque chose. Je ne savais pas encore où se trouvait sa maison mais je comptais bientôt trouver la réponse. Nanami avait fini son bain. J'ai entendu l'eau glisser puis disparaître totalement de la baignoire. D'un bond rapide, je me suis déplacé rapidement à travers ma maison pour rejoindre ma cuisine. Comme si de rien était, je sortis quelques ingrédients pour préparer un déjeuner intéressant. Tout d'abord, j'ai pris une baguette de pain que j'ai coupé de façon à ce que Nanami ne soit pas rassasié à l'instant. Deux tasses de lait et deux pommes. Il est conseillé de manger chaque jour cinq fruits et légumes par jour.

J'avais mis du beurre dans les pains, rajouté du fromage en tranche fine. Lorsque Nanami est entrée dans la pièce, j'étais encore en train de faire une omelette. J'ai jeté un rapide coup d'oeil à Nanami. Elle portait l'un de mes tee-shirts blancs, trop grand pour elle. Il était possible de voir à quelques endroits ses dessous. Ma tentation et ma curiosité m'ont obligé à lui jeter des regards de plus en plus fréquents. J'ai déposé un plateau devant mon invitée, constitué d'une tasse de lait, une espèce de sandwich et d'une pomme. Je me suis installé devant elle, n'osant pas la regard en face, comme par hasard à ce moment-là. Un silence pesant et gênant traversait la salle. Je recherchais un moyen de discuter. Rien ne me venait à l'esprit. Tout d'un coup, l'adresse que j'avais trouvé m'intriguait, je souhaitais découvrir où elle vivait. Mais je ne pouvais pas lui déballer d'un coup cette question, il fallait que je me montre astucieux. Pour mieux la connaître, j'ai décidé d'instaurer un jeu.

"Que dirais-tu que l'on fasse un petit jeu tout en mangeant ? Je te pose une question, tu me poses une question. Pas le droit de se défiler. Tu es d'accord ? Je te laisse commencer si tu le souhaites..."

J'avais eu un peu d'hésitation pour ne pas la vouvoyer. J'avais pris l'habitude d'être poli avec les gens, avec n'importe quel personne, sauf avec des adolescents ou des enfants. J'ai mordu dans mon sandwich, tout en l'observant dans les yeux. Elle devait accepter. Elle allait accepter, j'en étais sûr. Je la regardais dans les yeux. Je ne détachais pas mon regard du sien. C'était comme si je tentais de l'envoûter à choisir la bonne réponse. Avachi sur ma chaise, je croisais les bras, attendant patiemment.
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MessageSujet: Re: Dis moi que ce n'était que mon imagination ... l Privé   Mar 8 Mai - 16:24



Et si on changeait les règles ?


Rien à redire. À peine venais-je de lui poser une question que la réponse apparut devant moi. La réponse se transforma en plateau contenant une tasse de lait, une pomme et un sandwich tandis qu'une omelette était encore en cours sur la plaque de cuisson. Etais-je censée manger tout ça ? Bon je fus obligée d'avouer que mon ventre criait famine et que si dans les secondes qui allaient suivre je ne bouffais rien, je tomberai dans les pommes. Je n'avais pas le temps de me poser un million de questions genre est-ce qu'il a mis un truc dans mon lait parce qu'honnêtement ce serait stupide de sa part étant déjà sur tout les plans supérieur à moi. On était sur son terrain, dans sa maison, il était plus grand que moi, plus fort que moi. Autre chose ? Non ça sera tout. Sans un mot, je pris le sandwich en main et je croquais un bout. J'avais vraiment du mal à mordre dans le pain sans qu'il soit découpé en petit bout non pas qu'il n'était pas frais mais j'ai une petite dentition, mais je ferai avec. J'avais bien trop la dalle. Le pire c'est que c'était pas si mal ... Mais je n'étais pas encore prête à lui faire un compliment.

Il se posa en face de moi. Alors que je mangeais sans le quitter des yeux, il évitais de me regarder. J'avais presque l'impression qu'il était gêné de ma tenue. Chose que je ne puisse pas envisager d'ailleurs venant de la part d'un homme capable de garder tout son sang froid lorsqu'il tue quelqu'un. Cela faisait plusieurs minutes maintenant qu'aucun de nous n'avait repris la parole ... Je ne suis pas du genre bavarde mais ça commençait à devenir pesant. Je bus une gorgée de lait et continuais de croquer dans mon repas en évitant de m'arracher la moitié de la mâchoire. Anthony avait l'air songeur, à se demander à quoi il pouvait bien penser. Mais des gouttes attérrirent sur mon plateau. Saleté de cheveux ... Je déposais le pain sur l'assiette et je repoussais mes cheveux en arrière le plus possible afin d'éviter que l'eau dégouline dans ma tasse. Si ça avait une fille, peut-être que je lui aurai demandé un chouchou, mais dans notre cas, je m'abstiendrai.

Tandis que je me battais avec mes mèches rebelles pour qu'elles laissent mon repas tranquille, mon interlocuteur se décida à me parler. J'étais soulagée d'entendre qu'il me tutoyait parce que sinon j'aurai fini par croire que finalement j'ai dormi 10 ans et que maintenant je suis une vieille. Un jeu ? Il m'intriguait de plus en car s'il me posa cette question, je ne crois pas que ce soit pas pur hasard vu la manière dont il réfléchissait il y a encore quelques minutes. Je me demandais ce qu'il pouvait bien manigancer mais rien de tel d'accepter sa proposition pour le savoir et d'aller dans la gueule du loup. J'haussai la tête, signe que j'acceptais son idée. Il paraissait à la fois surpris de ma décision, certainement prise rapidement, et à la fois heureux. Je n'avais encore jamais ressenti un tel effet. Mes yeux ne quittèrent plus son regard. Il croisa les bras et attendit que je commence. Il semblait prendre très à coeur à ce que l'on soit franc l'un envers l'heure. Soit.

Qu'allais-je bien pouvoir lui demander ... Je détournais les yeux pour regarder autour de moi. Je n'avais pas encore pris le temps d'observer la décoration de la cuisine et là, oh miracle, je vis une montre. Enfin ! Et là, je fus plus qu'étonnée de l'heure. Impossible, ou bien ? Et là, me souvenant que je devais commencer le jeu, je souris. Je reportais mon attention sur Anthony et je pointais du doigt l'horloge.

- L'heure, est-elle exacte ?

Drôle de question, n'est-ce pas ?! Le cadrant affichait 13 h 15 alors qu'hier soir, si mes souvenirs sont bons, je perdis connaissance peu de temps après 23 h 30. Bon j'avais perdu la main et ma première question bêtement mais je voulais trouver une question bateau afin de pouvoir entendre sa question et enfin savoir où il voulait en venir. Il semblait amusé de ma question ! Surement s'attendait-il à une autre première question mais rien ne me vint en tête. Je ne comprenais pas pourquoi il tenait tant à me connaître mais ce n'est pas comme si j'étais en mauvaise compagnie. Et aussi étrange que cela puisse paraître, je le comparais à un nounours qu'on a oublié à une station service et qui cherche une nouvelle famille aimante. Manque de chance, je n'avais aucune qualité qui puisse être appréciée. Je ne le quittais plus du regard. Une fois qu'il m'aura répondu, il me posera à son tour une question. Je me demandais juste si son plan consistait à me demander directement des informations ou à tourner autour du pot. Mon visage affichait un rictus. Je pris la tasse chaude entre les mains et bus.

Ce geste me faisait penser à un film lorsque deux personnes sont à une table à un moment crucial du film et que l'un deux boit un verre d'alcool pour faire durer le suspens. Seulement là, j'avais du lait. J'avais encore faim mais que ce soit la pomme ou le reste du sandwich, je n'étais pas la force de continuer à me battre avec la nourriture. J'avais vraiment un mal de chien à la mâchoire.

Et maintenant que mon tour était passé, j'avais plusieurs questions qui défilèrent dans ma tête. Combien de copines avait-il déjà eu ? Depuis quand ne l'a-t-il plus couché avec une fille ? Ou un mec ... Pourquoi se retrouve-t-il à tuer ? Pourquoi veut-il me connaître ? Pourquoi ne m'a-t-il pas tué ... Ca c'est une bonne question. Je retiendrais celle-ci pour ma prochaine question. Incapable de continuer mon repas, je passais une main dans mes cheveux et je croisais mes jambes. Histoire de le perturber un peu et de pimenter notre jeu qui semblait pour le moment très sérieux, trop sérieux même, je décidais d'instaurer un peu de mes règles à moi.

- J'ajoute une règle avant que tu ne réponde et qu'on continue le jeu ! À chaque fois que l'un de nous pose une question trop personnelle, il doit retirer un vêtement. Bien entendu, ma question n'a rien de personnelle ! Sachant que tu es avantagé vu le nombre de fringue que tu portes ! Rétorquais-je sur un ton moqueur tout en ajoutant un clin d'oeil.

Surpris. Quand même. Après tout, c'est lui qui voulait me connaître et non l'inverse. Je repris finalement le sandwich entre mes mains et croquais un minuscule bout. Je devais vraiment faire pitié mais j'avais trop la flemme d'attendre que l'omelette soit finie. Ce n'est pas comme si je pouvais lui demander de prémâcher ma nourriture ... Qu'est-ce que je lui inspire lorsqu'il me regarde de la sorte ? C'est comme si son ses yeux étaient translucide et pouvaient voir en moi. Impossible ... Personne ne me comprend.


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MessageSujet: Re: Dis moi que ce n'était que mon imagination ... l Privé   Jeu 10 Mai - 16:09

Nanami semblait avoir accepté mon petit jeu. Bien trop rapidement à mon goût mais ça ne me dérangeait pas. Parfait. J'allais pouvoir lui soutirer de précieuses informations, même si je devais lui en fournir à elle-aussi. En lui laissant poser la première question, je ne lui laisserais aucune chance lorsqu'elle devrait répondre à la mienne. J'ai croqué un bon morceau dans mon sandwich. Je n'étais pas capable de faire autre chose à part des céréales. Je l'observais profondément dans les yeux. Incroyable. Mon esprit était fixé sur elle. Je parvenais à peine à réfléchir en la regardant. Une question resta en suspens. Que va-t-elle me demander ? En y réfléchissant mieux, ce n'était pas une bonne idée de la laisser commencer. Les femmes étaient tellement imprévisibles. Même si nous nous connaissions à peine, je savais que Nanami était bien plus intelligente que ce dont elle voulait montrer. Devant un tueur comme moi, elle gardait son sang-froid et parvenait même à me sourire. Si ça n'avait pas été elle, une autre femme aurait hurlé de peur et aurait tenté de fuir. Je remerciais le ciel de m'avoir fait rencontré son chemin. Dans d'autres circonstances, je l'aurais volontiers invité chez moi.

Le visage de Nanami se tourna en un instant. Mon corps était comme libéré d'une emprise. J'étais maître de mon âme à présent. Elle devait avoir trouvé une question. Enfin. Je détestais patienter. Elle pointa l'horloge du doigt, comme une gamine de cinq ans qui ne savait pas parler. Oui ? Que voulait-elle dire ? Elle voulait que l'on impose une heure limite, où l'on arrêtera notre petit jeu ? Non. Elle voulait savoir l'heure. Mon regard perdit de son amusement. Elle se foutait de ma gueule, là ? Sérieusement ! Elle n'avait aucune question intéressante ou censée à me poser. Je fis semblant de rigoler, comme si je comprenais sa blague. Non, ce n'était pas une blague. Son regard paraissait sérieux. Par la suite, je me suis mis à rigoler franchement. Miss Kaetzu était intelligente. Cette question n'avait servi qu'à me pousser à lancer la mienne. De cette façon, je ne pouvais pas lui échapper. Soit, j'irais droit au but avec elle. Je comptais prendre l'avantage, histoire de lui montrer qu'il ne fallait pas me prendre à la légère.

Avant même que je n'ouvre la bouche, elle ajouta une petite condition. Se déshabiller à chaque fois que l'on posait une question personnelle. Je l'ai regardé de la tête au pied et effectivement, elle était désavantagé par rapport à moi. Il n'y avait que deux fins à ce jeu. Soit l'un de nous deux partait en cours de route, soit nous finissions tout le deux, nus dans cette salle à manger. J'évitais soigneusement de penser à la suite. C'était encore les mêmes pensées perverses que dans mon bureau. L'homme qui sommeillait en moi, s'éveillait peu à peu à cause de sa présence. J'ai affronté Nanami du regard pendant un court instant puis j'ai enlevé mon haut qui n'était qu'un simple tee-shirt noir. Je l'ai enlevé sans broncher. Il dévoila mon torse blanc, sculpté dans du marbre blanc par un tailleur de renom. J'avais le dos droit sur ma chaise, mes coudes posés sur la table. J'ai mis ma tête entre mes mains puis je me suis rapproché comme pour lui annoncer un secret.

Le silence retomba. Mes lèvres se sont ouvertes lentement, comme si mon corps avançait au ralenti. Je faisais semblant de faire tout cela. Je voulais qu'elle patiente, qu'elle meurt d'envie de connaître ma question. Finalement, au bout de vingt secondes environ, j'ai chuchoté la réponse à sa question. Puis sans lui laisser le moindre temps, je lui poserais par la suite ma question.

"13h15. Où vis-tu ? Je veux savoir si tu habites à des kilomètres de chez moi ou seulement à côté. Si tu es ma voisine ? Ton adresse exacte en gros."

Je n'avais laissé traîner aucune trace d'hésitation dans ma voix. J'étais allé droit au but, en ignorant les conséquences. Contrairement à elle, je n'avais que faire de ce petit jeu et de ces questions bateaux. Quand j'avais un objectif, je ne passais pas par quatre chemins. Je doutais que l'adresse qu'elle avait indiqué sur son profil facebook était réel. A part si elle voulait attirer tous les violeurs du coin pour la fiesta du siècle, elle n'aurait jamais osé. Facebook avait encore continué à évoluer après tout ce temps et le nombre de personnes qui y allait, n'avait pas diminué. Pour ma part, je m'étais créé un faux compte, au cas où j'en aurais besoin à l'avenir. J'ai repris mon déjeuner puis j'ai commencé à manger. Je voulais accélérer le rythme pour disparaître de cette pièce. Si Nanami venait à se défiler, je piquerais la plus grosse colère de toute ma vie.

Spoiler:
 
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