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 La proie de l'ombre

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Andy Berett
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MessageSujet: La proie de l'ombre    Sam 21 Juil - 12:14


Le noir. Complet. Pas le moindre rayon de lumière qui perçait à travers l'obscurité jusqu'aux yeux écarquillés d'Andy Berett. Chacun de ses muscles se tendit, le sang afflua à toute allure dans son corps. Parée à bondir. Les sens en alerte. À ses côtés dans la salle de repos chacun avait saisit son arme et s'était levé avant de laisser la pièce plonger dans un silence profond et nerveux. Jusqu'à ce que les voyants de sécurité s'allument au-dessus des portes et que les générateurs de secours illuminent d'un halo fatigué les axes principaux de la pièce.

-Qu'est-ce que c'est que ce foutoir ?

La radio du caporal grésilla péniblement alors qu'il tentait d'entrer en contact avec ses supérieurs, et tout alla très vite. Les ordres furent aboyés, les soldats se virent attribuer chacun une mission précise. C'était si bruyant. Le manque de lumière accentuait chacun des autres sens si bien qu'il semblait à Andy qu'elle pouvait percevoir l'odeur âcre de l'excitation, de l'adrénaline. Elle renifla un peu, cherchant à savoir si son imagination la trompait.

-Chadoux, Berett, Williamson, Conor ! On a besoin de renforts à la capsule scientifiques, personne doit sortir de là c'est compris ?

Non, définitivement, on pouvait sentir quelque chose dans l'air. Mais peut être pas de l'excitation. Plutôt de la peur, de la transpiration, une moiteur causée par la soudaine baisse d'activité des machines et l'hypertension de chacun des militaires de la zone 48.A. Jamais, de toute leur vie, ces hommes et ces femmes n'avaient connu une situation telle que celle-ci.

-BERETT !

La blonde sursauta et se mis au garde-à-vous en voyant son supérieur se planter devant elle d'un air furieux. Pas le temps de rêvasser. On s'équipe, on monte dans la camionnette et on se tire. Pas un commentaire au sein de la petite équipe. Parmi eux, aucun n'appréciait vraiment la capsule scientifique, pleine de prétentieux impatients d'étaler leur savoir en rabaissant les vulgaires soldats qui osaient leur donner des ordres. Pleine de mystères aussi, que seuls les hauts gradés avaient le droit de partager avec les cerveaux en blouse blanche. Des rumeurs disaient qu'au fin fonds des quartiers de la science se trouvaient des créatures à l'image de leur folie.

-On se sépare en deux équipes. Berett, Williamson, vous prenez l'aile ouest, sécurisez le périmètre, verrouillez les sorties principales et regardez bien si il n'y a pas de blessés. Interdiction formelle de tirer sauf en situation critique. Conor, avec moi à l'aile est, go !

Ne pas tirer hein. Au regard que jeta Williamson aux autres, chacun compris que cet ordre serait le plus dur à suivre. Mais c'est sans un mot encore que les soldats entrèrent dans le bâtiment principal, respirant le plus silencieusement possible dans leurs masques à oxygène. Ils ne savaient pas vraiment de quoi ils se méfiaient mais mieux valait être vigilent.
Coup de pied décroché dans un porte, vérification de la zone, verrouillage de la porte. Coup de pied encore, nouvelle vérification, refermer la pièce. Le couloir qu'ils avaient emprunté était aussi long que vide, même si les rayons des lampes qu'ils tenaient fermement dans leurs mains donnaient parfois vie à des formes invisibles, faites d'ombres et de rumeurs.

-On prend l'escalier.

-Y'a quoi en bas ? Osa la blonde.

-Aucune idée mais c'est une porte de sécurité qui semble avoir été bloquée, on ferait mieux de jeter un œil.

Andy se racla la gorge. L'idée de son camarade ne l'enchantait guère, elle aurait préféré continuer jusqu'au bout du couloir. Mais se séparer serait encore pire, alors elle se contenta de le suivre. C'est fou comme l'obscurité peut réveiller les peurs les mieux enfouies chez ceux qui se sont habitués à la lumière.
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Akira Takeshi
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MessageSujet: Re: La proie de l'ombre    Sam 21 Juil - 14:37

Stupide Docteur Maboule. Elle s'était laissée avoir par la panique de ses brebis égarées. En quittant la cellule de conditionnement, elle avait libéré les pieds de ses sujets de test, pour leur permettre de marcher voir de courir. Aucun d'entre eux n'avait de masque à oxygène mais tous étaient dans une forme olympique. Akira comprit. Comment ne pas l'être avec les heures de test, les journées à courir, grimper, soulever des poids, faire des parcours d'obstacles... Il fallait bien tester les effets des produits dans des conditions d'effort physique, pas vrai ? Lorelei était toujours la mieux préparée. Parce qu'elle était une machine de guerre entraînée depuis des années à ce genre d'activité physique. Mais 2D et 5D ne s'en sortaient pas trop mal depuis quelques temps. Avec trois ans d'expérience dans les jambes, ils commençaient tout deux à rattraper leur aînée. Et dans une situation comme celle qu'ils vivaient, c'était bien utile d'avoir de la force et de l'endurance.
Faye n'avait pas crut utile d'aller leur chercher à chacun une bouteille d'oxygène. Elle partageait la sienne avec Lorelei et en avait confié une à Madison qui la partageait avec Akira. de couloir en couloir ils avaient avancé au son des chaînes qui retenaient encore les mains des sujets test. Un bracelet métallique à chaque poignet et une chaine fine mais solide pour les relier. Ils avaient juste assez d'envergure pour avoir un bras de chaque côté du corps, pas plus. Et puis une porte s'était ouverte un peu plus loin et un flot de scientifiques en blouses blanches s'était déversé dans le couloir. Ce fut l'occasion rêvée. Akira avait inspiré une dernière fois dans le masque de Madison, lui avait serré brièvement le bras et dans la confusion générale, il s'était enfuit. Disparut. Quittant rapidement les couloirs principaux encore trop éclairés à son goût, il s'engagea dans une bretelle étroite et presque totalement noire. Seule quelques lumières éparses permettaient de voir où se trouvaient les portes. Une personne normale n'y aurait pas vu grand chose, elle aurait longé les murs en les tâtant pour être certaine de la direction à prendre ou serait restée dans le halo rassurant de la lueur verte des lumières de secours. Mais Akira ne s'en rendit pas compte parce qu'il n'avait personne à côté de lui pour comparer. Pour se comparer. Car à l'inverse des personnes normale, Akira, lui, y voyait très bien. C'était en effet très sombre mais il voyait le sol, les murs, le plafond et percevait le bout du couloir. Comment pouvait-il savoir que la lumière était normalement trop faible pour des yeux normaux ? Il se disait simplement que s'il y voyait, c'était que les lumières étaient assez puissantes.

Sans se donner la peine de trop réfléchir, il se glissa dans l'ombre, testant chaque porte pour voir si elle s'ouvrait. Le boyau métallique faisait un coude qu'il crut reconnaître. Puis il vit la grande plaque sur le mur. "Zone de confinement". Voilà pourquoi tout lui semblait familier. Il était un grand habitué de l'endroit, simplement ce n'était pas par cette entrée qu'il arrivait en général. C'était bien normal, sa cellule de vie se trouvait à l'opposé, il n'avait dût emprunter cette voie que les quelques fois où on l'avait enfermé juste après des expériences. Un sourire satisfait se dessina sur ses traits. Revigoré à l'idée d'être dans un secteur connu, il enchaîna les corridors jusqu'à trouver ce qu'il cherchait: le panneau de contrôle des issues. Akira avait déjà vu un garde s'en servir le jour où il avait presque réussit à leur échapper. Ça fermait toutes les portes menant à la zone de confinement ce qui laissait un large enchevêtrement de couloirs complètement libre pour Akira. Et comme il les connaissait bien, c'était un peu comme se retrouver chez soi. Le système était prévu pour fonctionner en cas d'urgence mais la coupure de courant semblant impossible à Génesis, personne n'avait pensé à brancher de système sur un générateur de secours. Tout ce que faisait la console à présent, c'était afficher les entrées de la zone. Qu'à cela ne tienne, Akira entreprit de mémoriser autant de portes que possible et se mit en chemin. Rapidement il ferma manuellement toutes les issues. La dernière lui posa quelques problèmes mais en traînant un lit disposé dans l'une des cellule de confinement, il réussit à condamner au mieux la porte.
2D était en train de repartir dans l'autre sens quand des pas et un flash de lumière à travers le hublot de la porte lui firent tourner la tête. De l'autre côté de l'accès qu'il venait de fermer se trouvaient des gens. Et pas des scientifiques à en juger par le calme qui les habitait.
Paniqué à l'idée de se faire attraper encore une fois, le jeune homme se plaqua contre un des murs du couloir, le cœur cognant à tout rompre dans sa poitrine. Il ne voulait pas y retourner. Il avait une chance de trouver une issue, il ne pouvait pas la laisser filer. Peut-être que ces gens ne connaissaient pas bien la capsule scientifique s'ils n'y travaillaient pas ? Peut-être qu'ils ne savaient pas à quoi s'attendre en entrant dans ces couloirs ? Akira avait sa chance. Inspirant profondément pour se calmer, il endossa une nouvelle fois son rôle de grand méchant cobaye et tenta le tout pour le tout. Quand des silhouettes se dessinèrent de l'autre côté du hublot, il se jeta contre la porte comme un forcené. Le visage à quelques centimètres de la vitre, ses yeux rouges brillant dans la lumière de la lampe torche qu'on pointait sur lui, il affichait l'expression la plus terrible et démente qui soit. les faire fuir, leur faire peur, les inciter à faire demi-tour et à ne jamais franchir la zone dans laquelle ils allaient pénétrer. Puis, aussi brutalement il était apparut, il se déroba à la vue des intrus. Fuyant à travers le couloir sombre, Akira tenta de calmer son esprit affoler. Il était certain de s'être fait encore plus peur à lui qu'autres autres... Quand les premiers coups contre la porte retentirent, il sut qu'il avait échoué. Alors il se mit à courir dans le noir.


« Allez vous-en, allez vous-en allez vous-en ! »
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Andy Berett
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MessageSujet: Re: La proie de l'ombre    Dim 22 Juil - 13:00

Elle avait failli tirer. Vraiment. Les mâchoires serrées à s'en péter les dents, le cœur battant comme jamais dans sa poitrine, Andy fixait le hublot avec une expression indéchiffrable sur le visage, comme tétanisée par ce qu'elle venait de voir.

-Du calme Berett, c'est juste un type aussi flippé que toi qui doit être bloqué de l'autre côté.

-Je flippe pas.

-Baisse ton arme et aide moi à ouvrir cette putain de porte.

La jeune femme s'exécuta. Non pas qu'elle ai l'habitude de recevoir des ordres de la part de son coéquipier, mais elle savait que brandir son fusil mitrailleur était devenu inutile. La chose de l'autre côté de la porte avait sûrement déjà disparu se réfugier dans un coin sombre.
Mais c'était pas un « type ». C'était peut être même pas humain. Pas avec un regard pareil.

-Les yeux sont les fenêtres de l'âme Williamson. Je mettrais ma main à couper que c'était pas un simple scientifique paumé.

Les coups de pieds, lourds des énormes bottes dont ils étaient chaussés, tambourinaient contre la porte avec un acharnement certain. Mais visiblement, il s'agissait d'une sorte de porte de sécurité, ou tout autre dispositif que quelques coups n'achèveraient pas.

-J'vais tirer.

-Souviens toi des ordres, on ne doit...

-T'as bien dit que c'était un type enfermé là non ? On a pour ordre de le sortir donc, cas d'extrême nécessité, on tire.

Andy avait la gâchette facile. Trop, la plupart du temps, ce qui lui valait de nombreux blâmes de la part de ses supérieurs. Son coéquipier savait qu'il était inutile de lui tenir tête, et se contenta de lui demander de faire le minimum syndical, juste de quoi ouvrir.
Une série de balle se logea dans le mur sur le côté de la porte, mettant le plâtre et le ciment en miettes pour laisser voir quelques câbles et un circuit imprimé complexe.

-Rouge jaune ou vert ?

-Qu'est-ce que tu veux que j'en sache, Berett ?

-Rouge, t'as raison ça doit être celui là...

Alors qu'elle s'apprêtait à sectionner le câble en question, un bruit métallique venant du bout du couloir se fit entendre. Williamson saisit son arme et y dirigea sa lampe, faisant signe à la jeune femme qu'il allait voir tout en lui intimant de ne pas bouger, le tout dans un silence complet. Il s'éloigna et disparut à une intersection. Trois minutes. Cinq minutes. Andy coupa le câble. Huit minutes. Elle ouvrit la porte, tirant de toutes ses forces, peinant...

-Williamson ! Viens laisse tomber, cracha-t-elle dans sa radio. Will-...

Un nouveau bruit métallique, mais de l'autre côté. De son côté à elle. Là où la chose aux yeux rouges s'était enfuie.

-Bordel...

La radio crépita, laissant entendre la voix du coéquipier d'Andy, faible mais compréhensible. Il avait trouvé un homme qui avait perdu connaissance et devait rester pour tenter de le réanimer. Sans plus attendre, Andy chargea son arme et se lança à la recherche de sa proie. Elle voulait en avoir le cœur net. Humain ou non, elle le trouverait.
Silencieuse, elle plongea à sa suite, balayant les environs de sa lampe, fouillant chaque recoin, elle n'en restait pas moins vive et rapide, dans sa hâte d'assouvir sa curiosité morbide. Croyant percevoir un nouveau bruit, plus loin, elle n'hésita pas une seconde et s'élança, comme un prédateur charge sa proie.
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Akira Takeshi
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MessageSujet: Re: La proie de l'ombre    Dim 22 Juil - 18:38

Akira se mordit la lèvre pour ne pas crier. Dans sa fuite il avait trébuché sur une chaise perdue au milieu du couloir et l'avait fait tomber en plus de s'être fait très mal à la jambe. Dans la pénombre il porta son regard sur sa cuisse: sur sa peau à la pâleur exemplaire coulait désormais un liquide chaud et sombre. Saleté de matériel métallique ! Le bord pointu de la chaise lui avait méchamment entaillé la jambe dans sa chute. Comme il ne portait sur lui que le caleçon noir qu'on lui avait fournit pour les tests, il n'avait rien pour éponger le sang qui coulait paresseusement sur sa peau. Tant pis. Le jeune homme se remit sur pieds et reprit sa course. Dans son dos, des bruits de pas retentissaient. Il avait crut mourir de peur quand il avait entendu les coups de feu. A présent, quelqu'un était sur ses talons. Une chance pour Akira, il était pieds nus ce qui réduisait au maximum le bruit de ses pas contrairement aux semelles épaisses de son poursuivant qu'il parvenait très bien à percevoir. Il prit un petit couloir sur sa gauche, à pas de loups, contrôlant sa respiration pour ne pas faire le moindre bruit. Il devait sortir d'ici à tout prix. Et vite.
Alors qu'il reculait, le sujet de test heurta du coude une porte ouverte. Cette dernière se referma de quelques centimètres dans un grincement à glacer le sang. Aki se figea sur place, retenant son souffle. Des bruits de pas arrivaient dans sa direction et bientôt le faisceau de lumière d'une lampe torche balaya le couloir qu'il venait de quitter. Paniqué à l'idée qu'on puisse le capturer à nouveau ou pire, l'abattre, il se remit en mouvement, longeant le couloir au petit trot, courbé en deux. En arrivant à un embranchement, il choisit le couloir de droite en essayant de se souvenir si c'était bien par là qu'on l'emmenait d'habitude. Il avait tellement tourné dans le noir qu'il ne savait plus vraiment où il allait. Et bien sur, il fallait qu'il ai fermé toutes les portes...


* Aki, t'es le plus grand crétin du dôme ! Trouves une sortie ! *

Le jeune homme avait beau s'exhorter à être efficace, son cœur ne voulait rien entendre et semblait vouloir sortir de sa poitrine. Impossible de réfléchir correctement, il était trop occupé à fuir. Non, il n'était pas très courageux mais ça avait toujours été comme ça. Il agissait comme agissent les animaux traqués: ils ne s'embarrassent pas d'honneur en affrontant l'ennemi ou de ruse pour le piéger. Seule compte la survie. Et pour ça il faut fuir, se cacher et attendre dans l'ombre de pouvoir sortir. Akira avait été trop longtemps traité pire qu'un animal pour faire autrement. Torturé, marqué au fer rouge par les années d'enfermement et d'expérience, ce que la rue avait commencé, ce labo l'avait fini: transformer un humain en fauve farouche et apeuré, agressif à tout et à tout le monde. S'il était acculé, Akira montrerait les crocs, comme il le faisait si bien. Il ferait alors preuve de ce courage phénoménal qui l'avait maintenu en vie jusque là en s'alliant à son entêtement sans bornes. Mais pour l'heure, il avait encore une chance de s'échapper. Cours, cours petit chat, faufile toi dans l'ombre ! Il n'est pas l'heure de jouer les cabots teigneux. Fuis !

Le sujet 2D sentit la lumière de la lampe dans son dos au moment où il tournait une nouvelle fois. Forme pâle et svelte, il n'apparut qu'une fraction de seconde dans la lumière avant de disparaitre dans une pièce dont il referma la porte. Les membres agités de tremblements, une désagréable sueur froide lui mouillant le dos, le cobaye balaya d'un regard affolé la pièce. Il venait d'entrer dans un laboratoire. Devant lui tout n'était que paillasse couvertes d'instruments, étagères, frigos pleins d'échantillons et carrelage blanc. De l'autre côté s'ouvrait une porte qui donnait surement dans la suite du labo. Le bruit de pas retentit derrière la porte. Sans réfléchir, Aki se jeta sur sol, sous une paillasse. Il voyait avec une netteté effrayante l'ombre de son poursuivant sous la porte. Souhaitant mettre le plus de distance possible avec cette personne armée, il progressa accroupis dans les ténèbres, d'une table à une autre, profitant des étagères ou des placards pour se reposer. Il en était seulement à la moitié de la pièce quand le chasseur sur ses talons se décida à entrer, ouvrant brutalement la porte. Caché derrière un grand frigo pour échantillons, Akira retint une nouvelle fois son souffle. Il pouvait encore y arriver ! S'il était assez discret, il pouvait passer d'une table à une autre pour parvenir jusqu'à la porte sans se faire repérer. Lui voyait où se trouvait son poursuivant alors qu'à l'inverse, l'inconnu ne savait pas où lui se trouvait dans la pièce. Peut-être même traverserait-il pour aller directement dans l'autre salle ? Quoi qu'il en soit le jeune homme se laissa silencieusement glisser jusqu'au sol en position accroupie et attendit une occasion. C'était impressionnant comme la simple lumière d'une torche pouvait rendre la pièce aussi lumineuse qu'en temps normale.
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Andy Berett
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MessageSujet: Re: La proie de l'ombre    Lun 23 Juil - 9:59

Ce qu'Andy poursuivait avait beau être pâle comme un mort, ce n'était assurément pas un revenant. Les fantômes ne prennent pas la peine d'ouvrir et de fermer les portes lorsqu'ils entrent dans une pièce. Alors, malgré ce qu'elle avait vu et ce que son cerveau interprétait, l'imagination excitée par l'obscurité et par la traque, le soldat Berett savait maintenant qu'elle avait affaire à une créature de chair et d'os. Et de sang aussi, si on en croyait les petites tâches sombres qui jalonnaient le chemin qu'avait emprunté l'étranger, sans doute blessé lors de sa fuite.
Un coup de pied d'une brutalité sans nom ouvrit la porte en question, après qu'Andy ai inspecté le reste du couloir rapidement, au cas où il s'agirait d'une feinte. Le coup bien connu du fugitif qui ouvre et ferme une porte pour faire croire qu'il était entré dans la pièce pour ralentir les recherches de son poursuivant.
Le faisceau de la lampe balaya la pièce dans un mouvement rapide qui ne permit presque pas à sa propriétaire de saisir la géographie du lieu. D'abord parce qu'elle se contentait de regarder s'il y avait un éventuel danger, et d'autres sorties que cette porte qu'elle venait de passer, mais aussi et surtout pour faire comprendre à sa proie qu'elle était là. Et qu'elle le trouverait.

-Pas la peine de vous cacher je sais que vous êtes là, sortez !

Voix dure, autoritaire, à l'image du corps militaire auquel Andy appartenait depuis des années. Alors qu'elle avançait, elle sentit sous son épaisse semelle céder une mince plaque de verre, comme celles qu'on utilise pour les observations au microscope. La jeune femme baissa sa lampe pour inspecter le sol, apercevant encore quelques gouttes de sang. Typiquement le genre d'endroit qu'elle détestait. Sur les paillasses qui habitaient la pièce, gisaient encore quelques outils, piquant, pinçant, tranchant, presque tout l'arsenal du parfait hôpital. Tout ce qu'Andy fuyait d'ordinaire.
Elle continua à avancer jusqu'à être en plein milieu, tournant rapidement sur elle même pour anticiper une éventuelle attaque par derrière. Et puis, elle s'accroupit. Silencieusement. Faisant glisser les rayons de la lampe au raz du sol, là où le moindre mouvement accrocherait la lumière. La tension était palpable, le silence pesant, et puis...

-Je te vois.

Immobile, la lampe torche près de son visage de manière à ce qu'il soit à contrejour et impossible à déchiffrer, Andy esquissa un sourire et guetta la réaction de celui qu'elle traquait.
Non. Elle ne le voyait pas. Elle mentait, mais avait-il seulement la possibilité de le savoir ? Tapi dans l'ombre, visiblement effrayé, et blessé, l'étrange type en cavale était déjà sous pression. Andy venait d'en rajouter une couche pour le pousser à la faute. Se croyant démasqué, il y avait de grandes chances pour qu'il tente le tout pour le tout. Qu'il bondisse d'un coup vers une porte ou l'autre. Qu'il parle. Ou qu'il attaque. Compte tenu des « armes » qui pouvaient se trouver dans le labo où ils étaient tous deux, Andy grimaça en songeant à cette éventualité. S'il l'attaquait avec une seringue elle n'aurait pas de pitié. Mais s'il décidait de fuir, elle avait l'avantage car elle avait bon espoir de pouvoir l'intercepter. Il aurait déjà eu mille occasions de passer la porte s'il en avait été proche. Et l'éventualité qu'il soit déjà parti n'était pas envisageable : Andy pouvait entendre, faible mais bien présent, le rythme régulier et caractéristique d'un souffle qu'on tente de faire taire.
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Akira Takeshi
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MessageSujet: Re: La proie de l'ombre    Mer 25 Juil - 14:13

Quand la voix retentit dans la pièce, roulant sur les murs de métal, tranchant dans le silence du laboratoire, le sang d'Akira ne fit qu'un tour. C'était une femme. Décidément, la vie faisait tout pour le dégoûter de la gente féminin. D'abord Faye puis celle-ci... Elles voulaient toutes sa mort ou quoi ? Accroupis près du sol, le dos collé contre la paroi froide du frigo, le jeune homme ferma les yeux en serrant fort les paupières, comme si ça pouvait le faire quitter ce cauchemar. Pourquoi à chaque fois qu'il tentait de s'échapper, quelqu'un venait se mettre en travers de sa route ? Pourquoi n'avait-il jamais la chance de trouver une voie dégagée, un couloir vide, une issue non sécurisée ? C'était injuste. C'était toujours pour lui les plus mauvaises expériences et les gros coups de malchance. Le seul point vaguement positif dans son existence depuis trois ans c'était Donovan. Et même lui il en voulait à sa vie.
Ne sachant quoi répondre, les mâchoires serrées pour ne pas faire de bruit, Akira rouvrit les yeux. Qu'est-ce qu'il devait faire maintenant ? Elle l'avait vraiment vu ? Pourtant la voix semblait venir de plus loin dans la pièce. Un reflet peut-être ? Dans ce cas elle devait bien voir qu'il n'avait pas grand chose de dangereux. Il était presque nu et toujours en train de saigner. Elle elle était armée et surement couverte d'une tenue de protection comme en avaient les policiers ou les militaires.

Le cobaye 2D serra les dents et maudit tous les dieux possibles pour sa malchance éternelle. Il était coincé. Qu'elle puisse ou non le voir, elle avait un gros calibre dans les mains et le temps qu'il se lance dans la traversée de la pièce jusqu'à la porte, elle pouvait tranquillement lui envoyer une rafale dans le dos. Il n'était pas assez bête pour l'attaquer non plus. Un pauvre scalpel ne pourrait pas percer du kevlar. C'était fini. Terminé la cavalcade. Et ça le rendait fou. frustré, effrayé, désespéré, il ne pouvait que compter sur l'ignorance de celle qui lui donnait la chasse. Après tout, le bloc Delta était particulièrement sécurisé et il fallait une autorisation spéciale pour s'y rendre ainsi que la promesse de ne poser aucune question. Plus secret encore, le projet Tsunami dont faisait partie Akira. Personne n'était au courant mis à part Faye et quelqu'un de ses assistants. La majorité des scientifiques ne savaient même pas le but de toutes ces opérations et c'était d'ailleurs par hasard qu'Aki avait appris ce qu'on leur réservait comme sort. D'ailleurs ça tenait plus de la déduction et des soupçons que de la véritable connaissance: on ne leur aurait pas fait subir autant de test simplement pour une meilleure adaptation de l'organisme à l'extérieur. Pourquoi une opération des yeux puisque c'était les poumons qu'on voulait améliorer ? Pourquoi essayer de toucher au cerveau et aux muscles ? Toutes ces questions combinées au mutisme étrange de Donovan avaient finit par mettre la puce à l'oreille du jeune homme qui se gardait pourtant bien de le dire à quiconque. Pour l'instant, le projet secret était la recherche d'une formule pour permettre aux hommes de vivre dehors, pas plus. Ce faisant, Akira était un gros investissement scientifique que l'équipe ne pouvait se permettre de perdre définitivement. Cet argument de taille convaincrait surement la militaire de le laisser en vie. C'était toujours ça de prit.

2D avait la bouche sèche et le souffle court. Difficile de parler dans ces conditions. Son cerveau avait tourné à toute vitesse pour arriver en quelques secondes à la conclusion qu'il valait mieux se rendre pour l'instant en argan qu'il était précieux pour la recherche. Une petite voix dans sa tête lui murmura qu'il lui était aussi possible de compter sur le fait qu'il connaissait les lieux, les procédures et le projet Tsunami alors que sa poursuivante non. En conséquence, il pouvait tenter de la manipuler, personne ne serait là pour lui faire opposition. Peut-être que finalement elle était son billet de sortie ? Inspirant une dernière fois plus profondément, il endossa son rôle parfait de sale type agressif, cachant sa peur et ses doutes loin en fond de sa tête.


« Ne tirez pas ! C'est bon, ch'uis cuit, on arrête. Temps mort. »

Espérant que ses jambes ne tremblent pas trop, il entreprit de se relever. Il avait mal partout et la tête lui tournait. L'oxygène était plus rare et à force de courir partout sans bouteille, il en ressentait les effets. Heureusement, son excellente condition physique lui permettait d'encaisser le choc.

« Je suis derrière le frigo, à gauche. Je sors. »

Pas question de se prendre une balle en sortant sans prévenir et en lui faisant peur. Après tout, il s'était présenté comme une espèce d'animal dangereux et un peu fou avant que les militaires n'entrent dans le secteur qu'il avait barricadé. Les yeux rivés au sol pour ne pas être trop éblouis par la lumière de la lampe torche, il fit un pas, puis deux et sortit enfin de sa cachette. Grand, mince, finement musclé, ses cheveux noirs en bataille et son regard désormais rouge levé vers son assaillante, Akira offrait un étonnant tableau. Vêtu uniquement du boxer noir imprimé DELTA, l'air farouche, il avait sa tête des mauvais jours que tout le complexe scientifique connaissait bien maintenant. Quand il tirait cette tête de bon matin, on pouvait être sur qu'il chercherait à faire des bêtises et qu'il finirait en cellule d'isolement avant 17h. Ironie du sort, il se trouvait déjà dans le secteur de confinement. Mais cette silhouette noir dont il ne distinguait rien dans le contre-jour de la lampe n'allait certainement pas le mettre sagement dans une cellule qui, à l'heure actuelle, ne fermait surement plus.
Aki ne fit pas un mouvement de plus. Il attendrait les instructions pour bouger et tenterait sa chance. Il voulait parler à quelqu'un de calme pour avoir plus de chance d'être écouté. Et de rester en vie. Amusant comme la situation, comprise dans sa globalité, pouvait refléter son vrai caractère: mit au pied du mur, il préférait la survie à une triste mort pseudo héroïque en bondissant vers une sortie ou à une attaque frontale. C'était lui, de survivre à tout prix. D’être le dernier debout, celui que l'on pense le plus dangereux de tous mais qui est en fait le plus doux. Et qui ne cherche qu'à s'en sortir pour avoir sa chance dehors. Sans chercher à se cacher les yeux, exhibant sa nouvelle coloration de l'iris, il grommela:


« Je suis le sujet 2D. J'appartiens au groupe de cobaye du bâtiment Delta. Si vous me butez, vous aurez la folle dingue sur le dos toute votre vie. Elle compte sur moi pour survivre à ses saloperies d'expériences. »

Insolent jusqu'au bout des ongles...C'était l'image qu'il s'était forgé, il n'allait pas en changer maintenant.
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Andy Berett
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MessageSujet: Re: La proie de l'ombre    Dim 5 Aoû - 9:36


C'était satisfaisant, de pouvoir enfin entendre la voix de la proie. Andy se retint de sourire derrière le rideau de lumière qu'elle projetait dans la pièce, et se tourna lentement, discrètement, vers le frigo en question. Tout en restant sur le qui-vive, au cas où il s'agirait d'une ruse ou quelque chose dans le genre. On n'est jamais trop prudent dans ce genre de situation.

-Stop, bouge plus !

Le regard bleu perçant de la jeune femme se posa sur lui, l'analysant dans les moindres détails. Pratiquement nu, pâle à le croire mort, c'était son regard qui avait poussé Andy à lui ordonner de s'immobiliser. Un regard qui n'avait rien d'humain. Jamais encore à ce jour elle n'avait vu de pareils yeux, d'un rouge démoniaque. Effrayant.
Le soldat Berett se redressa dans un mouvement souple et contourna une paillasse pour s'approcher un peu plus du jeune homme tout en écoutant son discours. Le ton qu'il employait avait l'air authentique. Peut-être était-il bien un cobaye ou quelque chose dans le genre, d'où sa tentative d'évasion. Mais cela faisait malheureusement bien longtemps qu'Andy avait cessé d'écouter ce que les autres lui racontaient, surtout lorsqu'on s'adressait à elle avec autant de négligence après s'être enfui comme un rat à travers les couloirs.

L'arme braquée sur son prisonnier, Andy agita la tête en direction de la porte.

-Montre moi où j'dois te ranger alors. Et pas d'entourloupe.

A cet instant, la radio de la blonde crépita et la voix de son coéquipier retentit difficilement dans la pièce. Un tas d'insultes et de blabla incompréhensible, qui eurent pour toute réponse un grognement mécontent. Andy avait déjà pas mal de difficulté à gérer son arme et la lampe torche sans en plus devoir essayer de chopper la radio. Impossible de savoir ce que voulait Williamson.

-Fuck... Bon allez bouge on se tire. On va au couloir principal où y'a l'escalier. Passe devant.

Ça devait bien s'entendre à sa façon de parler. Andy n'avait pas la moindre idée de comment retourner sur ses pas. A force de courir à toute vitesse dans le noir en terrain inconnu, elle ne savait même pas où elle se trouvait et déduisait de la mauvaise réception de sa radio qu'elle était bien loin de son binôme.
Pour couronner le tout, elle sentait qu'elle avait un peu plus de mal qu'avant à respirer. La panne provoquait sans aucuns doute une baisse de la qualité de l'air, et ses inspirations se faisaient plus profondes. Elle qui pourtant prenait grand soin de son organisme se voyait maintenant réduite physiquement. Le regard bleuté parcouru la pièce à la recherche d'une éventuelle solution pour ce genre de situation, mais aucune bouteille d'oxygène n'était en vue.

Le soldat Berett n'avait donc d'autre choix que de suivre le fugitif qu'elle venait de coincer. Elle pouvait toujours chercher d'éventuels repères, comme les traces de sangs laissées sur le sol ou les objets renversés dans la course poursuite, mais l'endroit était dans un tel bordel compte tenu de la panique qui avait dû suivre la coupure de courant, qu'il était bien difficile pour la jeune femme de s'orienter. Et elle était convaincue, même si elle n'en montrait rien et gardait un silence de mort en avançant dans les couloirs de la zone scientifique, que le cobaye au bout de son arme était en train de se foutre de sa gueule. La gâchette commençait à la démanger.

[HRP : désolée c'est plutôt moyen je trouve mais je ferais mieux la prochaine fois faut que je me remette dans le bain !]
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Akira Takeshi
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MessageSujet: Re: La proie de l'ombre    Lun 13 Aoû - 23:34

Akira baissa les mains. Il n'allait quand même pas reste comme un épouvantail toute la journée. D'autant que ça ne faisait qu'accentuer la douleur dans sa poitrine. Courir dans les couloirs comme un fous sans bouteille d'oxygène lui mettait les poumons à rude épreuve. Et si pour l'instant il arrivait à le cacher, il sentait que bientôt chaque inspiration serait sifflante. L’asphyxie, il connaissait bien. Entre les cellules de test, le conditionnement en milieu hostile et les expériences qui plusieurs fois lui avaient obstruées la gorge, il était un grand habitué de la chute dans l'inconscience que peut provoquer le manque d'oxygène. Mais à en juger par la très fine pellicule brillante sur le front du soldat face à lui, elle avait encore plus de mal que lui à respirer. étonnant puisqu'elle avait un masque et lui non. Le crépitement de la radio interrompit le fil de ses pensées. Visiblement, la demoiselle ne voulait pas prendre de risque avec lui et refusait de lâcher torche et arme. Tant pis pour elle. Après un joli juron elle décréta qu'il fallait lever le camp. Sans émettre de protestations, le jeune cobaye la dépassa tranquillement et sortit du laboratoire pour s'engager à nouveau dans un couloir. Lui n'avait pas pour objectif de trouver la sortie. Il savait déjà où elle était. Il cherchait plutôt une bouteille d'oxygène. Alors sans se gêner il passait la tête par la porte d'un labo ou d'une salle d'analyse pour vérifier, de temps en temps.
Akira était doué pour cacher sa souffrance. Ce qu'il faisait passer pour une recherche anodine était en fait vital. S'il ne trouvait pas vite de l'air, il mourrait là, bêtement. Comme dans son dos il sentait que ça s'impatientait, il lança simplement:


- Au cas où ça aurait échappé à votre formidable sens de l'analyse, moi j'ai pas de bouteille. Je veux pas crever étouffé. -

Et comme si cette déclaration était la clé du problème, le jeune homme aperçu du coin de l’œil le logo tant recherché d'une réserve. Sans se soucier de la militaire, il se dirigea vers le placard tant convoité. La porte s'ouvrit sans effort et Akira se saisit sans tarder d'une bouteille reliée à un masque en plastique. Avec de gros efforts pour ne pas paraître fébrile, il colla le masque sur son nez et sa bouche puis inspira une grande bouffée d'air. Sa vue se brouilla un instant et tout se mit à tanguer à cause de l'arrivée soudaine d'une grande quantité d'oxygène. Le cobaye chancela un peu mais finit par se reprendre et se redresser. Il était prêt. Comme il se retournait pour reprendre la route, Aki se retrouva nez à nez avec le canon de l'arme militaire. Son instinct lui dicta de ne plus faire un seul mouvement et il leva à nouveau sa main libre.

- C'est bon, ok ? Je vais vous emmener voir vot' copain. Pas de mauvais plan, j'avais juste besoin d'une bouteille. -

Contournant la jeune femme et son arme, Akira se dit qu'il avait tout intérêt à faire attention à elle. Elle semblait du genre nerveuse et pas très compréhensive. Il risquait assez gros en la mettant en rogne. La marche reprit. Le jeune cobaye avait tout intérêt à aller vers la sortie puisqu'il espérait quitter les lieux. Sans le vouloir, elle lui donnait une formidable occasion. Mais comme l'ambiance était plutôt lourde, Aki ne put s'empêcher d'essayer de détendre l'atmosphère en discutant. A sa façon.

- Alors comme ça ils nous envoient l'armée ? C'est étrange...Dites moi, vous êtes au courant de ce que c'est comme endroit ici ? Non parce que faire une intervention dans un endroit qu'on ne connait pas, je trouve ça un peu risqué. Surtout si c'est un complexe scientifique. -

Il n'avait pas le droit de parler et il ne le ferai pas. Il ne donnerait pas de détail crucial ni top secret. Mais il pouvait toujours aiguillonner un peu la curiosité de la jeune femme. Un militaire curieux ça pouvait faire bouger des choses. Et ça ne pouvait pas être mauvais pour lui, que les choses bougent.

- Au fait, c'est quoi notre nom ? Je vous ai donné le mien, c'est pas juste de ne pas me donner le votre. Je vais quand même pas vous appeler Machin. -

Quoi que...

[Dsl, c'est très court mais comme on peut pas faire grand chose de plus...]
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Andy Berett
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MessageSujet: Re: La proie de l'ombre    Jeu 23 Aoû - 9:50


Andy restait silencieuse. L'autre pouvait parler autant qu'il voulait, elle n'avait pas l'intention pour sa part de faire ami-ami avec lui. Elle aurait bien répondu d'un ton sec et cassant une réplique bien sentie, mais elle était trop occupée à observer les environs. Lorsqu'elle avait compris que son prisonnier s'était surtout mis en quête d'un peu d'oxygène, ce pour quoi elle ne pouvait le blâmer, elle avait également saisit qu'il n'aurait pas vraiment l'intention de la guider dans ce dédale de couloirs et d'escaliers. C'était très très, vraiment très très emmerdant. Parce que se faire mener par le bout du nez par un crétin bavard et nonchalant, ça l'agaçait énormément.
Elle mis en route le dispositif de génération d'oxygène de son masque, un truc trop compliqué pour qu'elle comprenne mais qui avait visiblement la capacité de filtrer les particules pour les remodeler à peu près et en faire un truc respirable. Ça pesait lourd, l'oxygène restait rare, mais ça l'aiderait, au moins.

La jeune femme posa son regard sur la frêle mais nerveuse silhouette au bout de son arme, et ne put s'empêcher d'enfoncer le canon entre ses omoplates. Une manière bien peu délicate de souligner qu'elle était toujours là et qu'elle menait toujours le jeu. En quelques sortes.
Et puis finalement, elle en eut assez.

-STOP.

Puisqu'il était à un mètre d'elle, et que tout étais silencieux, Andy aurait pu s'abstenir de beugler de la sorte. Mais encore une fois, enfoncer le clou pour souligner qui domine dans le petit duo, ça ne peut faire de mal à personne.

-On est perdus.

Lui, là, le cobaye, ne l'était certainement pas. Mais la blonde elle ne captait plus aucune onde radio et sentait bien qu'elle s'éloignait de son coéquipier. Elle était en train de se faire berner par le petit rat aux yeux rouges.

-Y'a quoi, par là ? Demanda-t-elle en pointant de sa lampe torche un couloir que visiblement le jeune homme n'avait pas l'intention de prendre et qui pourtant intéressait la jeune femme.

Sans souffrir la moindre remarque ni le moindre refus, elle poussa Akira dans cette direction, éclairant la route de sa lampe torche. La tension était montée d'un cran. Et puis il y eut un bruit sourd venant du bout encore sombre du couloir. Un sourire mesquin s'afficha discrètement sur le visage du soldat Berett, qui dès lors se mis à espérer qu'elle ramenait le rat dans sa cage...

Spoiler:
 
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Akira Takeshi
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MessageSujet: Re: La proie de l'ombre    Mar 28 Aoû - 11:41

Plutôt ronchonne celle-là... Akira ne dit rien quand elle lui planta son arme dans le dos. Il avait plus ou moins l'habitude même si jusque là sa vie n'était pas menacée. Et comme il l'avait fait tourné en bourrique jusque là, il pouvait accepter quelques remontrances en échange. La situation était pour le moins oppressante et en temps que soldat, la jeune femme devait avoir pas mal de pression sur les épaules. Oh non, il ne la prenait pas en pitié et ne compatissait pas, mais il comprenait quelque part. Et puis s'il se retournait pour se rebeller, il avait plus de chance de finir avec une balle dans la poitrine qu'autre chose alors le calme était de rigueur.
L'ordre claqua comme un coup de fouet dans le couloir. Le cobaye se raidit et s'arrêta pour jeter un coup d’œil à la jeune femme. Elle avait l'air...contrariée. Et perdue. C'était donc ça le problème ? Elle ne connaissait pas le chemin ? Mais comment préparait-on les soldats dans ce dôme ? Pas de GPS ? Ni même de carte ? Le complexe scientifique était un véritable labyrinthe pour toute personne y entrant pour la première fois et même Akira se sentait parfois désorienté dans les sections qu'il connaissait le moins. Mais l'aire de détention, il la savait sur le bout des doigts et à cet instant, il savait bien à quel endroit il était. Comme elle l'avait demandé, il la ramenait à la porte qu'elle avait défoncé. C'était dans son intérêt puisqu'elle venait de l'extérieur, il lui suffirait de remonter le couloir et de sortir. Mais la recherche d'un masque à gaz les avait éloigné du chemin direct et il devait reconnaitre qu'il ne faisait rien pour la ramener le plus rapidement possible sur la voie.


« Y'a quoi, par là ? »

Le jeune homme tourna la tête sur la droite pour savoir ce qu'elle pointait. Un peu plus en avant, un couloir s'ouvrait sur les ténèbres. Seule une petite lumière de secours brillait, éclairant le nom de l'aile scientifique. Sans qu'il ait le temps de resituer l'endroit dans sa tête, Aki sentit une pression dans son dos et n'eut d'autre choix que d'avancer. Arrivé à hauteur d'un petit écriteau métallique vissé dans le mur, il put lire "Zone de décontamination F". Une sueur froide commença à perler dans son dos et le fit frissonner. Au même moment un bruit résonna au bout du boyau aseptisé.

« C'est pas par là...On s'éloigne de la direction principale. »

Un nouveau bruit, comme un ongle qui gratte sur du métal. Cette fois Akira s'arrêta net, ses iris rouges fouillant ce qu'il percevait comme de la pénombre et qui était en fait un noir presque total. Instinctivement il se rapprocha du mur à sa gauche pour y trouver un appui.

« C'est le quartier F de décontamination. Je ne suis pas le seul cobaye ici...On était très nombreux au début et puis... Cette maboule les a tous tué petit à petit. Et quand ils ne mourraient pas, certains ont perdu la raison. On savait pas ce qu'ils devenait, juste qu'un nom était rayé de la liste. »

Le jeune cobaye se tourna vers sa geôlière, la fixa de ses prunelles sanguines pour appuyer ses propos. A présent, elle était une moindre menace à ses yeux parce qu'il devinait ce qui se cachait plus loin. Une porte fermait le couloir à quelques mètres de là. Et derrière cette porte, plusieurs cellules. Et ce que renfermait ces cellules le terrifiait bien plus que l'arme du soldat. Il n'était jamais allé voir de ses propres yeux mais on racontait des choses et les gardes étaient bavards.

« J'irai pas là-bas. Ce n'était que des rumeurs mais je risquerais pas ma peau pour les vérifier. Il faut faire demi tour, c'est pas par là la sortie. »

Un nouveau bruit retentit, plus fort, plus lourd. Comme un corps qu'on jette au sol ou contre un mur. Aki tourna vivement la tête vers le bruit, tendu. Sa cuisse lui faisait mal et il pressait une main dessus. Un court instant il souhaita de retrouver Donovan. Ce serait se jeter dans la gueule du loup mais avec son protecteur à ses côtés, il ne craindrait plus rien. Oh bon sang, pourquoi n'avait-il pas prit d'arme dans le labo ? Même un scalpel pouvait faire mal.

« Faites ce que vous voulez soldat Machin mais moi je me tire ! » dit-il en essayant de repartir d'où il venait.
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Andy Berett
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MessageSujet: Re: La proie de l'ombre    Sam 1 Sep - 12:18


Il puait la peur. Toute son attitude transpirait une sorte de frayeur plutôt justifiée venant d'un rat de laboratoire. Et cela fit sourire Andy. Elle avait l'impression de reprendre les choses en main, aussi ne laissa-t-elle pas filer son petit prisonnier.

-Non. On va voir. Je dois rassembler tout le monde.

En vérité la jeune femme était surtout d'une curiosité maladive à cet instant même. Les bruits provenant du fond du couloir excitaient chez elle une imagination plutôt débordante, effrayante même. Comme pour Akira, elle ne voulait cependant pas croire à quelque chose de surnaturel. Il fallait donc vraiment aller y jeter un œil.
Comme son infortuné compagnon de route menaçait de se faire la malle, Andy lui attrapa le bras.

-On y va tous les deux. Tu veux pas sauver tes petits copains enfermés là bas ? Ça aurait pu être toi, tu sais. Peut être même que tu en viens et que c'est pour ça que tu ne veux pas y retourner. Hum ?

Après tout, c'était une éventualité. Qu'il essaye de la détourner de ce chemin car il menait droit à sa cellule. Il n'avait probablement pas envie de retrouver ses compagnons de chambre, il avait la carrure de la victime de service. Et sans doute se passerait-il bien de retrouver le confort douteux des cellules de la capsule scientifique.
Andy le tira devant elle et plaça à nouveau son arme dans son dos, imposant sa silhouette de militaire en travers du chemin pour l'empêcher de faire demi-tour.

-Réfléchi bien dans quel sens tu vas avancer, le rat. Vers l'inconnu de ce bout de couloir, ou vers la mort ?

Elle n'était pas bavarde d'ordinaire Andy. Alors pourquoi parler autant cette fois ? Peut être par plaisir de maltraiter cet enfoiré qui l'avait bernée à travers les couloirs. Ou peut être pour dissimuler sous un air bravache la pointe d'inquiétude qui perçait dans sa poitrine alors qu'elle s'avançait un peu plus loin dans cet étrange allée au bout de laquelle résonnaient des bruits louches dont elle aurait raison de se méfier.
D'un mouvement brusque la blonde chargea son arme. Mesure de précaution, et moyen efficace de rappeler à Akira qui portait la culotte ici. Puis elle l'incita encore à s'enfoncer vers l'obscurité. Lui y voyait peut être plus clair qu'elle, malgré la lampe torche qu'elle utilisait. Andy avait de bonnes raison de croire qu'un rat de laboratoire pouvait développer des caractéristiques particulières pour survivre dans un environnement hostile. Être nyctalope par exemple.

Du quartier F de décontamination, selon les propres mots d'Akira, venaient toujours les mêmes sons sourds et brutaux. Des bêtes, ce ne pouvait être que ça. Des hommes ou des animaux que la folie avait profondément atteint et qui cherchaient à profiter de la coupure de courant pour envahir les lieux.
Dans la poitrine d'Andy, son cœur battait à un rythme plus rapide que jamais.
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