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 Pills, pills and pills. [PV Edmund T. Dahmer.]

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MessageSujet: Pills, pills and pills. [PV Edmund T. Dahmer.]   Sam 21 Avr - 21:39

  • Ça y est... C’est le grand jour. Celui que j’appelle «le Jour de la récolte». Le jour où le marché illicite bat de son plein, vient juste de recevoir de nouveaux stocks de trucs bien bons et bien forts, et où tous les pires cas sociaux de la ville s’arrachent les cheveux pour être les premiers. Parce que le plus tôt tu arrives, le meilleur c’est. J’imagine que je fais partie de ces cas, puisque j’ai noté la date du Jour de la récolte dans mon calendrier, et que j’ai réglé mon réveil à cinq heures du matin pour aller me chercher ce qu’il faut. Ça fait longtemps que je n’ai rien pris, alors je suis en manque. Et en manque sévère. Je suis tout le temps, tout le temps énervée. Je parle encore moins que d’habitude. Et quand je parle... je dis des choses plus cinglantes que je ne l’aurais imaginé. J’ai constamment l’impression d’être rongée par une autre personnalité (ce qui n’est pas nouveau), et même si je suis de plus en plus insupportable, je ne dois surtout pas rester seule, parce que j’ai d’autant plus peur de moi-même. C’est aussi pour ça que je fais le plein. Je sais que la plupart de mes colocataires seront absents dans les jours qui suivent, alors au cas où, pour m’évader, j’ai besoin de ces substances. J’ai l’impression qu’elles sont, pour moi, plus saines que malsaines. J’ai l’impression qu’elles me sauvent la vie.

    Avant de partir pour des courses pareilles, il y a toujours un temps de préparation, mis à part le rituel de la douche et de l’habillage. Premièrement: toujours partir protégée. On ne sait pas quelle sales bêtes trainent dans ces quartiers, ni même comment le dealer va réagir, surtout quand t’es une fille. Jeune, qui plus est. T’as à peine la majorité, t’es toute fragile (ou en tout cas t’en as l’air), et n’importe qui pourrait prendre avantage de toi. Alors histoire de prévention, je noue autour de mes hanches, après avoir enfilé un jean noir moulant usagé, une ceinture à sacoche, où je mets un couteau. Essentiel. Deuxièmement: ne JAMAIS prendre de sac. Deux fois plus de risques de te faire agresser. Si tu ne portes pas de sac, personne ne pensera que tu transportes sur toi une somme généreuse pour acheter tes bijoux. Alors l’argent, je le mets aussi dans cette petite sacoche. Par-dessus, je porte un pull vert, trois fois trop grand pour moi, large, ne laissant pas supposer que j’ai quelque chose de suspect dessous. Et c’est tout.

    Je sors une fois de plus sans manger. Je n’ai jamais eu faim le matin, bien qu’on ait toujours manqué de nourriture. De plus, je sais que ces drogues sont plus efficaces ajun. Je ferme la porte de mon appartement à clé, même si mes colocataires sont toujours dedans. Je préfère ne pas prendre de risques, en sachant qu’ils se sont tous mis un peu mal la veille, et qu’ils ont tous le gueule de bois. Moi, j’aime pas l’alcool. J’en respire les vapeurs toute la journée, je n’ai pas besoin d’en boire. C’est pour ça que je prends d’autres trucs. En soirée, je sniffe un peu, je me pique un peu... Mais pas de boisson.

    À cette heure de la matinée, il n’y a personne, dans les rues. Alors c’est assez détendue, que je marche, même si je resterais froide avec mon dealer attitré. Jeff, qu’il se fait appeler. Évidemment, j’estime que ce n’est pas son vrai nom. Même lui, ne connaît pas mon vrai nom. Il m’appelle Ree. Personnellement, je ne l’aime pas beaucoup. Il essaie trop d’être gentil, de faire ami-ami, un mec pas propre sur lui, quoi. Pour moi, il n’est et ne sera jamais rien que mon dealer. Purement professionnel. Je ne suis q’une cliente qu’il doit servir.

    Tiens, me voilà arrivée, d’ailleurs. Sa place de vente habituelle se situe dans un terrain vague, caché par des murs en pierre qu’il fait escalader quelque peu. Je montai sur une poubelle, et attrapait le rebord, me hissant dessus. Quand on saute d’en haut, on prend toujours cher dans les chevilles et les genoux, parce que mine de rien, c’est quand même assez haut, c’te merde. Il est assis de l’autre côté, et me fait signe d’approcher quand je touche le sol. Avec un type comme lui, faut pas se laisser démonter, et montrer un peu qui est le client, dans l’histoire. Je me dirige donc vers lui d’un pas rapide et régulier, les sourcils un peu froncés.

    « - Eh toi!», me lance-t-il, joyeux. «Comment va?»

    C’est exactement le genre de questions dont j’ai horreur, surtout venant d’une personne de ton statut. Qu’il me vende la merde et qu’on en finisse, j’ai besoin de ma dose, connard. Je n’ai pas besoin de lui faire comprendre en le menaçant par le regard. Mais je lève les yeux dans le ciel, m’asseyant en face de lui. Cependant, il ne réagit pas. Il n’a pas l’air de vouloir me vendre quoi que ce soit avant que je ne réponde à sa putain de question. D’ailleurs, il commence même à rouler sa cigarette devant mon nez. Tu pouvais pas le faire avant, putain?

    « - Jeff. T’as quoi?»

    Il me sourit avec satisfaction, comme fier d’avoir réussi à me faire parler. Mais les types comme ça, je pourrai leur casser la gueule dans la vie de tous les jours. Il y a intérêt pour lui qu’il en ait de la bonne. D’ailleurs, il remarque mon regard pinçant, et me fait signe de ne pas paniquer. Il me sort de sa valise une boîte en carton de la taille d’un paquet de cigarettes, contenant trois sachets de différents types de pilules, chacun en contenant une consommation généreuse. Je cligne des yeux, satisfaite, et il me sourit d’un air assuré. Plutôt contente de la trouvaille, j’y vais pour lui donner l’argent dû, mais il rajoute:

    « - Ah, au fait, si des jours t’es en dèche... et que t’as besoin d’un peu de ces trésors... préviens-moi. On peut trouver des arrangements, et tu fournis apparemment des services assez intéressants.»

    Oh putain. L’enfoiré. Je ne sais pas par quel moyen il l’a découvert, mais il va prendre cher de m’avoir envoyé ça en pleine face. Je suis un petit peu sous le choc, je sens la rage me monter des entrailles à la tête et teinter mes joues. Et il me dit ça avant même que je ne l’ai payé?

    Je suis vraiment à deux doigts de sortir mon couteau, lorsque j’entends un bruit lourd de pas de l’autre côté du terrain vague. Franchement, là, il gère pas, le petit dealer. Il me l’avait PROMIS cet horaire. Et là y en a un autre qui débarque? Et il a l’air de le comprendre, parce que je recèle une once de panique dans son regard, alors que mes sourcils se froncent, et que mes mains commencent à trembler sans que je puisse les contrôler. Ça va péter.

    « - Jeff...»

    « - Ree, désolé, j’avais complètement oubli...»

    Je ne lui laissai pas finir sa phrase, et je me levai rapidement, pointant le nouveau venu que je n’avais même pas regardé de la main.

    « - C’est quoi ce bordel?» lui criais-je nerveusement, mes pupilles s’étant violemment rétrécies face au manque et à la panique, qui ressemblait, ici, plus à de la colère.

    Je me retourne, enfin décidée à voir quelle gueule a le type. Eh bah putain... Il tire une sale tronche, lui aussi. Puis il est chelou. Avec ses cheveux verts, son look... En tout cas, il a l’air autant en manque que moi, et pas très content non plus de sa trouvaille.

    Frustrée et oppressée, je fouille nerveusement dans ma sacoche, à la fois prise par la colère, et en extase sous la vue de tous les petits comprimés qu’il a à me vendre. Je lance quelques billets à ses pieds, il les prend aussi la main tremblante, et j’attrape rapidement la boîte en carton à mes pieds. Je tire d’abord une pilule du premier sachet qui me tombe sous la main, et range la boîte dans ma sacoche alors que l’autre type arrive à ma hauteur.

    Personnellement, je ne veux plus en entendre, je veux juste prendre cette putain de pilule pour combler un peu ce vide. Soupirant, les mains tremblantes, je l’avale, sans eau, ni quoi que ce soit, assez péniblement, mais elle finit par passer. Une fois fait, je soupire, sentant les effets arriver jusque dans mes veines. C’était ça, quand ça fait longtemps. C’est comme retrouver une vieille amie.

    « - Tu fais vraiment chier, Jeff. Tu t’enfonces le doigt dans l’œil juste au coude si tu crois que je vendrai mon corps pour ta merde.»
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Edmund T. Dahmer
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MessageSujet: Re: Pills, pills and pills. [PV Edmund T. Dahmer.]   Lun 23 Avr - 9:47

Moment of weakness




Le ciel est gris. Le temps est relativement plat, et neutre, bien que s'affichant un peu plus hostile que pacifique. Il est tôt, et pourtant, on voit déjà la couleur du ciel. De toutes façons, le soleil est caché par la masse de nuages, alors, levé, qu'aurait-il pu révéler derrière l'épais rideau d'eau condensée? Le vent souffle, d'une violence sans merci. Les arbres battent des branches et des feuilles giclent sans ménagement les passants, jetés par cette force surprenante.

Quelques rayons tentent de percer, et de la large fenêtre, on croirait qu'un ange est appelé au ciel par un halo voluptueux et chaleureux. Une lumière que certains aimeraient bien voir. Une lumière que certains voudraient attraper : même les plus gâtés ne sont pas forcément les plus heureux, les plus épanouis. Les plus défavorisés, trouvent toujours un moyen de la toucher, de la voir. Toujours d'une seule et tragique manière pour les plus désespérés, et les plus combattifs la cherchent avec pus d'espoir. Un jour, peut-être que les mortels la verront. Un jour, qui sait...

Une sonnerie tonitruante vient briser le silence pesant de l'appartement. Ce bruit donne un peu de vie à ce lieu, peut-être pour faire croire qu'il est habité, plein de vie. Ça t'évite de devenir fou aussi... La solitude te tues. Elle te rend fou avant aussi, mais ça, tu l'es déjà. Tu sais parfaitement ce que tu es. Qui tu es. Pas besoin de chercher loin, après tout. La solution s'est toujours montrée d'elle-même, tu n'es t'es jamais voilé la face après tout. On peut être fier de toi d'être aussi lucide.

Tu te lèves mécaniquement de ton lit. C'est si répétitif, si monotone. Tu te poses souvent la question... "Pourquoi?". Parce que. Tout aussi précis. Tout aussi concret. On ne te répond pas ce que tu veux. Ne fais pas l'enfant gâté! Apprend un peu à voler de tes propres ailes. Cherche! Égare-toi un peu plus, l'éclair de lucidité pendant la folie extrême te frappera peut-être.

Elle est déjà à tes portes. Tu n'en peux littéralement plus.
Tu satures.

Non.

Pas aujourd'hui. Tu sais ce que tu veux. Il est tôt, et tu ne te lèves pas pour faire le tyran. Tu joues au plus fort, mais quand tu n'as plus ta dose, tu es prêt à te mettre à genoux pour l'avoir. Tu n'as plus vraiment de dignité. Mais tu n'y as jamais tenu à cette dignité, alors perdre quelque chose qui t'importait peu, ça a clairement peu d'impact.

Alors non, aujourd'hui, ce n'est pas le moment de craquer. Ça vient, soit patient.

Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
Saturation.
.
Tu commences vraiment à être en manque.

Tu attendais tant que ce réveil sonne.

Alors que tout les autres jours de la semaine se succèdent sans plus de passion, ce jour-là, tu l'attends tellement! Aujourd'hui, On va pouvoir te filer ta dose. Celle que tu attends tant. Tu n'en parles à personne. De toutes façons, à qui en parler? Ce n'est pas comme si ton appart' contenait d'autres amis. Ce n'est pas comme si tu étais particulièrement proche des gens. Tu les effraies, avant toutes choses. Et qu'est-ce que ça te fait plaisir. Tu n'as jamais essayé d'être gentil. Et depuis que tu es accro à toutes sortes de pilules, de poudre, tu es encore moins vivable.

Tu enfiles un de ces pantalons larges dans lesquels tu t'es toujours senti à l'aise. Lacé tes rangers habituelles. Un débardeur fin, autrefois blanc, mais virant plus au ocre à cause de la saleté. C'est le tee-shirt d'hier. Seulement d'hier. Mais ça se salit vite. La boue, la transpiration. Il te faut passer au pressing, mais ce n'est pas le moment de s'attarder sur ce genre de futilités.

Hygiène, futilité.
Apparence, futilité.
Rationalité, futilité.
Prudence, futilité.

Tu prends l'argent posé sur le bar, dans une assiette transparente. Il y a vraiment pas mal d'argent. Parce que tu es sérieux, tu laisses l'argent pour les factures de côté. Mais c'est tout. La nourriture passe après, et si les prix augmentent, alors tu seras prêt à ne pas manger pour avoir ta dose. Qu'est-ce que tu as fait d'ailleurs? Hier, tu n'as strictement rien mangé. Un plat de pâtes. Et de un peu de manza. Beaucoup même le soir, si je me souviens bien... Chez toi, à déprimer. Cette fille, elle te manque. Tu ne le réalises que quand t'es bourré. Il y a un vide, et un regret. Ça ne peux être qu'elle de toutes façons.

La revoir, juste une fois...

Alors, tu descends de ton appartement après avoir mis sans précautions une veste à capuche, te moulant légèrement et vérifié que ton couteau de poche soit avec toi, qui se trouve être au dessus d'une maison close. Tout à ton honneur, ce logement. Son emplacement, son nom, sa taille... Vraiment. L'endroit qui te soit le plus significatif, l'endroit qui te soit le plus facile d'accès. Après tout, quand tu auras certaines "pulsions", tu sauras où aller. Il faut peu pour être heureux, hein?

Tu longes les rues sombres, désertes à cette heure pareille. Enfin, presque. Ce sont justement ces heures aussi peu fréquentées qui amènent le monde à sortir de sa cachette. Tu croises deux trois personnes. Elles ont toutes un secret, une peur que tout ne soit révélé. Elles ne se connaissent pas entre elles, mais elles sont reliées par ces hontes, ces "pêchés mignons" inavouables. Des regards fuyants, des pas qui s'enchaînent aisément. Ils savent où ils vont. Ils savent ce qu'ils font. Ils ne veulent juste pas que d'autres sachent où ils vont et pourquoi.

Personne n'est honnête, et le meilleur confident est soi-même. Tu n'es pas le seul à penser ça. Regarde-les, et compare-toi à eux. Ils ne sont pas mieux, ils ne sont pas pires que toi. Allez, ne soit pas fier, mais reste humble. Même si tu n'en vois plus l’intérêt.

Tu traverses les rues, tu fais des détours inimaginables pour qu'une personne te connaissant ne te distingue pas dans l'obscurité. Tu t'es couvert de la capuche, et de tes doigts habiles, tu as repoussé les moindres mèches fuyant la prison en toile pour que cette masse jade ébouriffée ne te trahisse pas. Il t'attend au même endroit.

Tu ne l'apprécies pas particulièrement. Il est trop, commode. Trop convivial. Évidemment, c'est une facette. Il te parle, et toi, tu te contentes de répondre "Hn". Tu sait l'apprécier à sa juste valeur. quand il sort ce qu'il faut quand tu lui donnes ce qu'il faut. Vous ne vous parlez strictement pas. C'est à peine si vous vous êtes trouvé une appellation pour l'autre. Il t'appelle Sven, et toi, tu l'appelles pas. Même si il s'est présenté à toi déjà, son nom t'importe peu. Tu es obnubilé par ce qu'il possède, et entre nous, connaître son pseudonyme, on s'en branle. Tant qu'il a ce que tu souhaites.

Le seul moyen de passer, c'était de faire un peu d'escalade. Tu avais beau avoir fait le tour des lieux, les seules issues fonctionnaient de la même manière. Alors habilement, sans beaucoup forcer, tu grimpait. Le barreau d'une fenêtre, un creux dans le mur de brique ou entre les fils du grillage pour prendre appui d'un pied, et s'élancer au-dessus du mur.

Tu t'étais réceptionné sans problème. la capuche t'étais tombé et découvrait tes cheveux, mais tu ne risquais plus rien. Tu levais tes yeux vers le dealer, assis, et... une autre personne. Une fille aux cheveux flamboyants, dans des vêtements bien large. "Qu'est-ce qu'elle fout là, elle?! C'était mon créneau à moi." Le dealer risquait de prendre cher... Surtout face à deux clients en manque. Tu entendis la jeune femme hurler, te pointant du doigt :


« -C’est quoi ce bordel?»

Un sourire sarcastique s'afficha sur ta mine ravagée par le manque de sommeil et le manque de drogue, de trucs forts à te mettre sous la main. Tu t'approches jusqu'à eux. Tu essaies de te contenir. Il a merdé, mais ça n'empêche qu'il possède toujours ce que tu veux. Pourvu que cette Furie ne pète pas un plomb, ça serait dommage que ça se termine mal... Alors tu répliques, d'une voix froide et cinglante :

"- Je pourrais en dire autant."

La jeune femme achète fébrilement les comprimés, et en ingurgite un dès le sachet en main. Tu régurgites difficilement, en voyant les petites pilules. Tu as déjà une idée de quoi cela peut être... Presque pâle d'envie, tu te contiens, et t'approches. tu ne prépares pas l'argent, la fille est trop près. Elle lance furieusement les paroles suivantes :


« - Tu fais vraiment chier, Jeff. Tu t’enfonces le doigt dans l’œil juste au coude si tu crois que je vendrai mon corps pour ta merde.»

On fait comme on peut pour survivre, hein? C'est pire que la jungle, tu trouves pas? Qui croirait que cette fille, plutôt mignonne, est une droguée en manque qui fait les trottoirs? ... Elle fait sa petite rebelle, ça te ferais presque sourire. Tu ne donnes pas le meilleur exemple, toi non plus, mais bon... Tu ne relèves pas ces dires, et lui rétorques simplement :

" -Maintenant que t'as niqué mon créneau et que tu t'es servie, va-t'en."

Un dernier regard meurtrier à l'attention du dealer naquis dans tes yeux verts, furieux. Les poings serrés, la colère s’installait peu à peu. Ainsi que l’inquiétude de savoir si cette fille l'avait déjà croisé, si le dealer était toujours digne de confiance.
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MessageSujet: Re: Pills, pills and pills. [PV Edmund T. Dahmer.]   Mar 24 Avr - 19:57

  • Je m’étais retournée, avoir réagit au quart de tour, face à mon dealer. Oui, dans des situations tendues comme ça, je réagis toujours directement. Ce sont des pulsions et de réflexes instaurés avec le temps, avec l’instinct de survie, et le désir de ne pas être attrapée. J’avais regardé le nouveau venu avec des yeux perçants, je voulais sonder son âme, savoir quel genre de personnage il était. On n’était jamais trop sûrs. Mais je n’y arrivai pas, étrangement. Il portait un masque tellement solide, tellement neutre et glacial à la fois, que je ne pus déceler sa personnalité. Mais rien qu’à ce critère, j’imaginais qu’il faisait partie de ces personnes qui étaient seuls, ou qui voulaient être seuls. Il n’y avait qu’une chose dont j’étais sûre: le mec était en manque. Et en manque sévère. Un besoin tel qu’il l’empêchait de dormir. Sa voix faisait froid dans le dos, et devait produire l’effet d’un coup de pioche dans la colonne vertébrale si elle t’était adressée.

    Mais il n’était pas important. Il n’était qu’une légère perturbation, qui ne m’aurait pas empêché d’acheter ou d’avaler ces pilules. Pilule que je finis par ingurgiter, après l’avoir observée pendant quelques secondes. À cette action, je vois le regard envieux et douloureux. Il pourrait vendre son âme au diable, pour ces trucs? Remarque... je me vends bien pour de l’argent. C’est même pire. C’est tout un respect de soi-même qui s’envole. Sauf, que ça, je m’en contre fiche. Parce qu’au fond, je me suis toujours détestée. Alors perdre mon honneur, ça ne m’embête pas trop.

    Tout ce dont je me rends compte, pour l’instant, c’est que tout va mieux, maintenant que la pilule blanche est passée. Tout le monde semble changé. Je ne vois plus rien de la même manière. Je me sens comme transportée dans un univers parallèle, où tout ressemble au monde réel, sauf qu’en réalité, dans cet univers là, je suis complètement maître de moi-même. Je n’ai plus peur de rien. J’ai confiance en moi, et j’ai l’impression que tout me sourit. Je suis enveloppée dans un coton de chaleur, de bien-être, d’euphorie. Je n’ai plus froid. Je n’ai plus faim. Je ne suis plus fatiguée. L’avenir et devant moi, à ma portée, et non à des kilomètres.

    Alors, au début, je ne porte pas attention aux paroles cinglantes du drogué chelou aux cheveux verts en manque. Mais, quand j’y repense, je me retourne vers lui, un sourire assuré accroché aux lèvres. Ce n’est pas ça qui va me descendre, maintenant que je suis au plus haut. Je retrousse un peu mon nez, le regarde longuement, avec dédain, avant le répondre, à voix haute et ferme:

    « - Écoute, gars. Si tu veux vraiment t’en prendre à quelqu’un, défoule-toi sur l’aut’ bouffon. J’étais arrivée avant, et tu connais la loi de la Jungle: premier arrivé, premier servi. Moi, je suis satisfaite de ma récolte, et je t’emmerde si t’es pas content. Mais entre nous, même pour un mec en manque, je trouve quand même que t’as l’air trop tendu pour être clean. T’as quelque chose à te reprocher? Si non, détends-toi, achète ta daube, j’en ai rien à foutre. Si oui, ferme-la et fait pas chier. »

    Je déballe cette phrase comme jamais je n’aurais parlé. Comme un acteur dans un film, j’avais fait attention à tout. Aux mimiques, aux expressions. On pourrait croire une personne lucide, sauf pour ceux qui me connaissent trop. Ceux qui me connaissent savent qu’habituellement, même pour cadrer, je n’en dis pas autant.

    Par contre, là, j’ai la tête qui tourne. Violemment. J’suis bien dans ma tête, posée. Mais si je me mets à marcher dans la rue, je me ferais rôder, c’est obligé. Alors je vais me poser contre un autre mur, sous un porche avec un toi de tuile digne des plus grands bidonvilles, les jambes allongées, les yeux fermés. Je sens même les composants chimiques me mettant dans cet état traverser mes veines, et détruire mon cerveau. Mais pour l’instant, ce n’est pas ce qui importe. En espérant que la descente ne soit pas trop dure, je profite uniquement du moment présent. Et de rien d’autre.


[HRP: Désolée, c'est très court. ;_;]
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MessageSujet: Re: Pills, pills and pills. [PV Edmund T. Dahmer.]   

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Pills, pills and pills. [PV Edmund T. Dahmer.]

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