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 Telle une araignée [Pv: Leon]

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Vanessa Pleasant
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MessageSujet: Telle une araignée [Pv: Leon]   Dim 20 Mai - 23:23

« Tu sors? »

J’avais à peine enfilé mon paréo que ma sœur m’interpellais et me posant la même question qu’elle me pose à chaque fois que je suis au pas de la porte d’entrée. Je me retourne vaguement pour lui répondre, sans grande conviction « Ouais, je sors ». Je n’ai même pas attendu d’avoir sa réaction que je sortis de la maison. Une fois dehors, j’attachais mes cheveux en une longue queue de cheval, l’envoyant ensuite par-dessus mon épaule, et commençais ma marche. Quelques pas plus loin de la maison, ce fut mon père qui, de par la fenêtre, me demandais si je sortais. N’était-ce pas assez évident? Enfin, je suis dehors, je suis habillée en condition pour aller faire les courses. Est-ce juste moi qui trouve que tous les éléments concordent pour dire qu’il est clair que je m’en vais me promener? Bref, je me retourne et d’un hochement de tête, je répondis à sa question. Ses yeux démontraient clairement qu’il hésitait à me laisser aller, mais finalement il soupira et me lança « Fais attention ». Je répliquais d’un furtif hochement de tête à nouveau et tournait les talons pour me rendre où bon me semblait.


Je passais devant un petit marché bien accueillant, tout à fait plaisant. Cependant, et je ne pourrais pas dire pourquoi, je ne m’y aventurais pas. C’est toujours dans les endroits les plus beaux qu’on tombe sur les choses les plus mesquines. Elles se cachent dans les lieux les plus serein pour ensuite attaquer, telles des araignées. Tiens, justement, la semaine dernière, j’en ai croisée une dans ma chambre. Elle traversait la pièce de ses huit pattes, fonçant sans regarder autour. Elle était rapide, certes, mais toute petite. Ce ne fut donc pas difficile de l’attraper dans un bocal en verre que j’avais de poser sur ma table de chevet. Ce genre de petit visiteur m’apparait souvent, alors je me tiens parée à toute éventualité. Une fois l’araignée emprisonnée dans la prison de verre, j’allais la porter à l’extérieur. La créature, au lieu de m’attaquer, profita de sa liberté une fois sur l’herbe devant ma maison. Elle courut à toute vitesse, comme si j’étais pour la rattraper à tout moment. Plus j’y pense, plus je trouve que réciter cette histoire, c’est un peu comme faire l’allégorie de notre situation à nous tous, ici, sous le dôme.

Je continuais ma marche de part le carrefour, traversant un petit boulevard. La route semblait interminable simplement à cause des nombreux obstacles qui se trouvaient sans cesse dans mon chemin. Un magasin, un arrêt, des piétons. Toute l’activité d’une ville entière, mise dans une cloche de verre. Sans raison particulière, je me surprise à penser à la vie hors de cet enclos gigantesque. C’était immense, et pourtant, nous n’étions qu’une simple part de ce qui était, auparavant, un pays. Mon père m’avait déjà raconté ce que son père à lui, lui racontait. L’histoire de notre ville, la bonté du dôme, la vie sans dangers. Oui, c’était tout à fait paradisiaque de la manière dont il énumérait les nombreux avantages d’une telle condition de vie. Pourtant, je n’ai jamais réussie à y adhérer, à cette façon de pensée…

Il faut croire que j’étais trop perdue dans mes pensées, encore, puisque je fonçais carrément dans le dos d’un individu. Toutefois, tel un mur, la personne restait de glace face à notre impact. Je relevais les yeux vers mon obstacle et je vis, alors qu’il tournait la tête vers moi, un masque à gaz imposant posé sur le visage d’un homme, sans doute. Je restais figée quelques secondes, reculant à petits pas. Je ne pouvais rien décerner derrière ce masque de métal, pas la moindre pointe d’humanité. En était-ce seulement un, un humain, sous cette apparence robotique? Alors que mes joues rougissaient, m’excusant sans cesse, reculant toujours.
« Pardonnez-moi, je ne désirais pas vous importuner. » dis-je avant de tourner les talons sans prévenir, réajustant mon sac sur mon épaules. Je jetais cependant un regard par-dessus mon épaule pour observer de loin cet homme. Bien qu’il soit très imposant de sa stature et son masque, il ne semblait pas vraiment dangereux. Toutefois, les apparences sont trop souvent trompeuses. Je remis mes yeux devant moi, qui sait si je peux foncer dans quelqu’un à nouveau.

J’envoyais une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, reprenant mon courage. Je me redressais, inspirant profondément, et repris ma route. Ce n’était qu’une anicroche, pas la peine de dire que le monde est dangereux juste parce que j’ai foncé dans un homme. Oui, tout va bien. Néanmoins, je continuais de zieuter mes alentours, comme avec l’araignée, parée à toute éventualité. Je m’arrêtais devant un marchand de fleur, qui me souriait gentiment. Je lui rendis timidement et furtivement son sourire avant de me pencher pour sentir les belles violettes. De toutes les fleurs, ce sont mes préférées. Ce n’est pas leur couleur, ni leur forme, mais bien leur odeur qui m’attire autant. Oui, tout allait pour le mieux, jusqu’au moment où je détournais les yeux pour découvrir, non-loin de moi, deux hommes qui me regardaient vicieusement. Deux grands caïds à l’air menaçant. Je tentais de me rassurer mentalement que ce n’était pas moi qu’il regardait ou qu’ils n’étaient que de simples marchands d’armes, dût à leurs couteaux qu’ils faisaient tourner dans leurs mains. Je me redressais, ajustant mon sac sur mon épaule à nouveau avant de partir du fleuriste, le pas pressé. S’ils ne me regardaient pas, ils détourneraient très certainement le regard. Cependant, ce ne fut pas ce qu’ils firent. Ils continuaient de me regarder, affichant des nouveaux dignes des meilleurs nigauds. Je contournais la fontaine pour aller vers une allée un peu plus éloignée. Quelques mètres plus loin, elle débouchait sur un carrefour, c’était idéal. Je m’aventurais donc dans cette courte ruelle, courant presque, alors que les deux hommes me suivaient au pas de course. Ok, c’était maintenant évident, ils me suivaient, moi, pas n’importe qui d’autre, moi! La confiance que j’avais amassée depuis le début de la journée semblait s’émietter à chacun de mes pas.

Je continuais d’avancer et, à peine devant la ruelle, je me demandais s’ils avaient abandonnés. Je me retournais pour les voir foncer directement sur moi. L’un d’entre eux m’agrippa le bras, me tirant vers lui, tout en me glissant son couteau sur la gorge. J’en ai le souffle coupé, mais je n’osais pas le regarder dans les yeux malgré tout. Je ne désire pas voir qui sera responsable de ma mort ou de ma souffrance. Le mystère est bien mieux, bien plus paisible. Il prit mon visage dans sa grosse main poisseuse, pour faire entrer mon regard en contact avec le sien. Je résistais quelques secondes, mais ouvris les yeux pour voir ces deux pupilles remplies de haine. Ça faisait déjà un moment que mon sac m’avait été enlevé par son acolyte. « Hey, viens voir ce qu’on a trouvé » dit celui qui me tenait. Ces simples paroles furent suffisantes pour que son ‘’ami’’ lâche mon sac et s’approche. Je tremblais de tout mon être, ne sachant pas quoi faire. J’étais faible et je le savais. Je ne pouvais pas me défendre, ni les attaquer. Étais-je finie pour autant? J’en décidais que non et donc, instinctivement, je me laissais choir au sol. Je m’accroupissais au sol comme seul moyen défensif, enroulant ma tête de mes bras, l’enfouissant ensuite entre mes jambes, retenant les larmes de couler de mes yeux, qui commençaient déjà à s’embrouiller. C’était surement un cauchemar… ou une vision réelle de ce qu’était la vie. Quoiqu’il en soit, je souhaitais mentalement qu’un être vienne m’aider, n’importe qui, mais tout de suite serait le mieux. L’un des brigands m’agrippa de nouveau le bras, me soulevant brusquement. Je gardais les yeux fermement fermé, m’attendant à tout. Puis, plus rien…




La théorie du Chaos...:
 

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MessageSujet: Re: Telle une araignée [Pv: Leon]   Mer 23 Mai - 10:47

6h04. Le réveil sonna, m'indiquant qu'il était l'heure d'aller bosser... sauf qu'aujourd'hui j'avais une permission. Je déteste ça, rester sous ce putain de dôme toute la sainte journée, à ne rien faire. Et pour le peu d'action qu'il y a... encore légèrement dans les vapes, et vu que j'étais seul chez moi, je dormais toujours sans mon masque. Je l'attrapais donc sur la table de nuit, et me dirigeai lentement vers la salle de bain, attrapant au passage ma parka et un pantalon d'uniforme. Je poussait la porte de la salle de bain, et tombais nez à nez avec le miroir, regardant fixement les deux plaques sur mon torse. La mienne, et celle de ce petit bleu ce fameux jour... j'aurai pu le sauver, mais j'ai trop tardé. Depuis j'ai pour principe de n'avoir aucune perte humaine sur la champ de bataille, du moins dans mon camp.

Je filais sous la douche, l'eau ruisselant sur mon visage [J'adore, parce que du coup ça donne limite envie de voir son visage]. Je pris mon temps, y restant peut-être une demi-heure, voire une heure, avant d'en ressortir. J'attrapais une serviette, et me séchais avant de poser mon masque sur ma tête. J'étais enfin de nouveau moi. Les deux lampes bleutées s'allumèrent, masquant ainsi mon regard et me permettant une meilleure vision. Ce masque était parfait. J'enfilais ensuite ma parka, et des sous-vêtements, avant de passer mon pantalon d'uniforme. La. J'étais enfin moi.

Je ressortis de la salle de bain, et pris dans le hall d'entrée mes gants, mon couteau, et mon revolver. Ce dernier n'est pas censé sortir de la base, mais qu'importe ? tout le monde est armé, ou presque, en ce bas monde.Et puis si je tombe sur des résistants ça peut toujours servir d'être armé. Je rangeai ce dernier dans son holster, caché sous ma parka, et le couteau à son emplacement, sur le côté droit du pantalon, au dessus du genou. J'ouvris la porte et sortais dans la rue.

Je marchais, au milieu de cette foule, cette bande de moutons, se suivant les uns les autres, bien à l'abri dans le confort que procure cette barrière vers l'extérieur. Fermez les yeux sur la misère des autres, et surtout oubliez que sans les militaires ces derniers viendrait reprendre leur dû. N'y pensez pas, pensez simplement à votre petit confort, bande d'êtres insouciants. Et quand bien même un sauvage parviendrait à rentrer dans le dôme... je serait l'un des premiers à avoir mon arme braquée sur lui. "On tire d'abord, on réfléchis ensuite." qu'on m'a toujours répété. Mais bizarrement, moi je pense plutôt : On torture d'abord, on pose les questions ensuite, puis on tue. Enfin bref...

Une fois hors de ma maison, je n'avais plus aucun repère de temps. Il aurait pu s'écouler une heure comme une minute, que je n'aurai rien remarqué. Je fus sorti de mes pensée par une personne qui me rentra dedans, apparemment sans le vouloir. Je me tournais vers elle, la regardant, bien qu'elle ne pouvait le savoir que grâce au masque tourné droit vers elle. Je devais sans doute lui faire peur, vu qu'elle reculait de plus en plus en me regardant. *Ce que les gens peuvent être agaçant à passer leur temps à s'excuser. C'est qu'une collision merde.*

« Pardonnez-moi, je ne désirais pas vous importuner. »


Alors que j'allais répondre, elle avait déjà tourné les talons, et commençait à partir précipitamment. Et dire que je partais dans la même direction qu'elle... maintenant elle va croire que je suis un psychopathe et que je la suit, non ? Bon, et bien on va s'arrêter quelques instants, et s'asseoir un peu, afin de réfléchir. Je suis peut-être en permission, mais je me souviens qu'il y a deux abrutis dans cette ruelle, qui devaient il y a quelques temps subir le même traitement que les individus indésirables. En effet, ils avaient gâché un de mes précieux instants : MON CAFÉ ! et pour ce crime commis envers ma personne, je ne connais que deux chatiments : la mort, ou la "mort". Je pourrais peut-être les mettre dehors, non ?

J'avais fini de réfléchir, et j'avais choisi. Ils devaient mourir. Je plaiderai la légitime défense. Mais pour les retrouver et les surprendre, j'aurais besoin d'un appât non ? Cette demoiselle,... elle se dirigeai pile dans la bonne rue quelques instants auparavant. Parfait. Je me levais de ce banc, les idées bien claires sur comment ils allaient mourir. Maintenant, il ne me reste plus qu'a surveiller leurs agissements en gardant un œil sur cette fille. Je tournais dans un coin de rue et les aperçut, ainsi que la jeune femme en question. Elle regardait des fleurs, pendant qu'eux la regardait. Ils devaient avoir une sale idée en tête, à en juger par leurs visages et l'expression qu'ils arboraient. Ils ont de jolis couteaux entre les mains dis donc ! presque aussi beau que le mien. Mais voila, ça suffira pas quand je leur tomberait dessus. Elle semblait les avoir remarqué elle aussi. Elle se redressa, et commença à partir, sans doute inquiète de voir que deux hommes avec une tronche de babouins la suivait.Elle passa la fontaine, et la, ils entrèrent en action. Ils commencèrent à accélérer le pas pour la rattraper, et moi, je me décidais à sortir de mon coin de rue. Je passais devant le fleuriste qui m'interpella :



Vous êtes un militaire non ? Ces deux types, la, font souvent peur à mes clientes. Vous pourriez m'aider à m'en débarrasser ?

-Oooooh oui j vais vous aider, et plutôt deux fois qu'une. Rendez moi un service, faite comme si vous ne les aviez jamais vus, et surtout comme si je n'avais jamais été la, d'accord ?.

Je sortais mon couteau de son étui, et me dirigeai vers la ruelle, tout excité à l'idée de faire couleur leur sang. *Je sens qu'on va bien s'amuser !!! oui oui oui ! deux idiots pour le prix d'un, voila de quoi égayer ma journée ! du sang frais, du sang frais !*; Tremblant d'excitation, je ralentissait quelques instants avant d'arriver dans la ruelle, me plaçant contre le mur adjacent, me permettant de les voir sans être vu. Ils étaient en train de fouiller le sac de cette femme, parfait, c'était le moment d'intervenir. L'un d'eux se re dirigeai vers la femme, et lui agrippa le bras. À ce moment la, je fondis sur ma première proie, qui tenait le sac. Un coup de genou en pleine face, et le couteau planté dans la jambe. J'avais plaqué mes mains contre sa bouche pour qu'un ne l'entende pas hurler de douleur, et choppais son couteau, que je lançais directement dans le dos de son partenaire, qui s'effondra, lâchant la demoiselle.

-Salut tête de con. Tu te souviens de moi ? Le type que t'as fait chier au bar l'autre soir, qui buvait un café. Tu ne t'es jamais dit "Attention, ce pourrait être un militaire qui est simplement la pour se détendre ? non ? Et bien tu aurai du, maintenant, tu m'as mis en colère, et je vais te briser.

À ces mots, j'attrapais sa jambe encore valide, et la cassait, afin qu'il ne puisse plus s'enfuir. J'arrachais un bout de son t-shirt, et le lui enfonçais dans la bouche, pour étouffer ses cris de douleurs. Je récupérais mon couteau, et cette fois-ci, j'allais abréger ses souffrances. J'enfonçais la lame directement en plein cœur. Je me relevais alors, essuyant la lame du couteau sur les vêtements de ma victime, et le rangeant dans son étui. Une fois cela fait, je me tournais vers la jeune femme, essayant de la rassurer en lui disant :

-Ça va, ils ne vous ont rien fait ? Tenez, votre sac. Désolé de ne pas avoir pu intervenir plus tôt. Si on vous demande, je ne suis jamais passé par ici.

Je pris son sac sur le sol, et le lui tendait. En espérant qu'elle ne parte pas en courant, comme la dernière que j'ai sauvé de la même façon.
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MessageSujet: Re: Telle une araignée [Pv: Leon]   Mer 23 Mai - 22:20

Surprise fût ma réaction en m’apercevant que même lorsque je me suis laisser choir au sol, l’un des acolytes, ne me lâchait pas plus. Pourtant, même devant un geste aussi plein de faiblesse et de résignation, il ne lâchait pas prise. En fait sa poigne était tellement forte que je commençais déjà à ne plus sentir le sang circuler. J’avais peur, très peur. Le genre de peur qu’on ne peut pas décrire, qui n’appartient qu’au destin d’en savoir le dénouement. Allais-je mourir? Si oui, ce n’était certainement pas comme cela que j’aurais pensé passer mes dernières secondes. Ce n’était pas ça la vision que j’aurais voulu avoir alors que ma vie se déroulait devant mes yeux. Je suis jeune, mais ô combien fragile. S’il continu de serrer ainsi mon bras, il risque très forcément de casser, et je n’ose à peine imaginer la douleur que cela risque de produire dans tout mon être. Toutefois, dans son regard, qu’il me force à regarder, je ne peux décerner aucune trace de bonté, aucun signe d’humanité. Les yeux sont le miroir de l’âme et il voulait vraiment me faire du mal. Pas sans en prendre conscience par contre, car, non, il savait très bien ce qu’il faisait.

Dans un geste brusque, il m’approcha de lui. Je tentais de l’éloigner en le poussant impuissamment sur son torse. Mes petites mains étaient loin de faire de poids, mais je ne le su que trop tard. Il empoigna mes cheveux avec force et glissa son couteau le long de mon abdomen, déchirant ainsi les cordes de mon corset. Tout fut si vite que la seule action que je trouvais juste à faire fût de fermer les yeux et attendre le pire. Tout s’embrouillait, les sons étaient vagues. Mon entourage au complet semblait disparaitre. Était-ce le moment où j’allais enfin voir les éloges de ma pitoyable existence défiler devant mes yeux? Cependant, rien ne se produit. La poigne qu’avait l’homme sur mes cheveux disparue, comme par magie. Je gardais les yeux fermés et me repliais sur moi-même, tenant ma tête entre mes fines mains. Des bruits sourds, comme ceux d’une baston qui semblait se produire à des dizaines de mètre. Par contre, je savais pertinemment qu’ils étaient près, ces coups, qu’ils n’étaient qu’à quelques pas. Ce pourrait-il qu’un héro ait remarqué ma piètre situation? J’en priais mentalement les dieux; il faut bien qu’une personne s’en soit rendu compte. Qu’importe qui, j’avais désespérément besoin d’aider et cette aide m’était enfin envoyée. Je ne sais pas qui, ni pourquoi, mais je l’en remercie.

Tout ce bruit cessa après quelques secondes seulement. S’en était fini, mais je ne devais pas encore crier ma liberté de l’emprise de ces deux bêtes. Qui sait, peut-être que c’est un de leur ami, encore plus menaçant et dangereux, qui est venu pour terminer le boulot qu’ils avaient si sauvagement commencé. Je restais donc replier sur moi, redoutant l’éventuel futur de cette horrible situation.

-Ça va, ils ne vous ont rien fait ? Tenez, votre sac. Désolé de ne pas avoir pu intervenir plus tôt. Si on vous demande, je ne suis jamais passé par ici.

Je ne bougeais toujours pas, relevant à peine la tête. Je n’osais pas, ne voulant pas tomber dans un piège aussi infâme que le dernier qui m’ait été joué. Le destin avait été bon avec moi, cet individu, de toute évidence mâle, m’avait été envoyé, mais rien ne garantissait de la bonté de ses motifs. Ce pourquoi je ne me redressais qu’à peine, les yeux toujours fixés sur le sol à nos pieds. Des bottes d’armée. Il porte des bottes d’armée. Lentement, mais surement, un frisson me parcouru le corps. Comment est-ce possible que j’ai pu être aidé par un militaire? C’est gens ne sont bon qu’à tuer, pas à aider, surtout pas les ‘’demoiselle en détresse’’. Bien sur, leur devoir est d’assurer la sécurité dans le dôme, mais j’ignorais qu’ils étaient dotés d’une conscience pour aider les citoyens innocents tels que moi et tant d’autres.

Quelques secondes de silence s’écoulèrent, durant lesquelles je regardais d’un air vide l’ampleur des dégâts. Mon corset était en lambeau, laissant ainsi découvrir ma robe blanche déchirer à la verticale sur mon ventre. J’avais une mince coupure sur l’abdomen, mais c’était mineur. Je retenais mon corset d’une main ferme, pour l’empêcher de tomber et ainsi me retrouver complètement sans rien pour me couvrir mis-à-part ma robe blanche en tissu fin, ce qui n’était pas le top pour me cacher. Je me redressais complètement, laissant mes longs cheveux noirs tomber sur mes épaules et balancer dans le vide, bercer par la douce brise de fin d’avant-midi. De ma main libre, je glissais une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, inspirant profondément, avant de levé précipitamment mon regard pour voir mon interlocuteur. À la simple vue du masque à gaz, mon souffle se coupa sèchement. J’écarquillais les yeux, restant quelques secondes figées à regarder mon reflet dans les verres du masque. Je baissais alors les yeux, toujours bouche bée, vers sa main qui me tendait mon sac. Sans plus attendre, mes yeux se remplirent d’eau et je ne pu trouver autre chose à faire de laisser ma lèvre trembler. Le voila, le choc. Un peu en retard, certes, mais je ressentais maintenant les tremblements de peur qui m’ont manqués quelques minutes plus tôt, alors que j’étais en réel danger. Je tremblais alors de tout mon être, tenant toujours mon corset détruit appuyé contre ma poitrine, sanglotant doucement, sans cesser de fixer mon regard en pleur dans les vitres du masque.

Sans raison particulière, ni sans prévenir ou demander la permission, je fonçais sur l’homme qui se tenait devant moi et enfouissais mon visage contre son torse, pleurant comme une vraie gamine. Entre deux sanglots, je parvins à souffler un faible « Merci. ». C’était peu dire, car il aurait pu me laisser là, ou pire, me regarder souffrir, mais non, il était venu, il m’avait aidé. J’agrippais son haut le serrant fort dans ma main libre, froissant le tissu entre mes doigts. Je me foutais de tout maintenant. De qui il était, de ce qu’il avait l’intention de faire. C’était un homme bon et je ne pouvais certainement pas ignorer l’acte qu’il avait fait pour moi. Toutefois, après quelques minutes, tout revint à mon esprit telle une bourrasque sur un saule pleureur. La vision des bottes d’armée remonta à ma mémoire. Certes, il avait agit en héro, mais il restait un militaire. Je me reculais assez furtivement, prenant au passage mon sac qu’il tenait toujours dans sa main. Cet homme était un militaire, un méchant, comme eux, pensais-je en regardant les deux corps meurtris des brigands de plus tôt. Je ne pouvais pas être certaine de ses actions, ni de ce qu’il pourrait ou risquerait de faire dans les prochains instants. Diantre, tout ça était trop complexe, trop dur à comprendre. Pourquoi avait-il agit ainsi? Pourquoi m’avait-il aidé? Il devait certainement y avoir un but derrière tout ça, je devais juste découvrir l’envers du décor et tout rentrera dans l’ordre dans le meilleur, ou encore le pire, des mondes.

Je replaçais mon sac sur mon épaule frêle et, de ma main libre, j’envoyais mes cheveux vers l’arrière, me donnant ainsi une meilleure vue sur mon anti-héro. Il était grand, bien plus imposant que moi, ce qui me mettait dans un certain état d’inconfort. En plus d’être omit d’une main, qui tient mon corset contre mon corps, je me sentais tellement inférieure, tellement faible. Néanmoins, je me risquais à demander, à voix basse, fuyant des yeux son regard de verre. « Pourquoi m’avoir aidé? » dis-je donc, sentant mon cœur battre dans mes tempes. Il aurait pu partir, mais il est resté, je veux savoir pourquoi. Ce n’était pas une réponse complète que je désirais, seulement la raison, la vraie. Toutefois, si son désir est d’ignorer ma question, qu’à cela ne tienne, je tournerais moi aussi les talons et j’essaierais, du mieux que je peux, d’oublier cet instant horrible de ma vie.




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Telle une araignée [Pv: Leon]

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